Birmanie: l'OCI appelle à sauver la minorité Rohingya d'un "génocide"

A l'occasion de la visite historique que doit effectuer lundi le président américain Barack Obama à Rangoun, "nous attendons des Etats-Unis qu'ils portent un message fort au gouvernement de Birmanie pour qu'il protège cette minorité", a déclaré Mahamoud Ali Youssouf, ministre djiboutien des Affaires étrangères et président en exercice de l'OCI.

Rangoun avait refusé mi-octobre l'ouverture d'une représentation de l'OCI en Birmanie, où des violences entre bouddhistes de l'ethnie rakhine et Rohingyas ont fait au moins 180 morts et 110.000 déplacés, principalement des musulmans, depuis juin dans l'ouest du pays.

"Ce qui se passe là-bas est un génocide", a estimé M. Ali Youssouf, s'exprimant lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion des chefs de la diplomatie des pays membres de l'OCI à Djibouti.

"Nous pensons que les Etats-Unis et les autres membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (...) devraient agir rapidement pour sauver cette minorité, soumise à une politique oppressive et à un génocide", a-t-il ajouté.

Les récentes violences communautaires et la situation des Rohingyas, des apatrides qui souffrent en Birmanie de diverses persécutions depuis des décennies, seront au menu de la visite du président Obama en Birmanie, avait assuré mercredi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

La Turquie appelle à faire cesser "le nettoyage ethnique"

"Il va de soi que nous attendons des autorités birmanes qu'elles garantissent la sécurité et la protection de toutes les populations de la région et agissent promptement à la fois pour mettre fin aux violences et pour enquêter et traduire les responsables en justice", avait-elle déclaré.

Le secrétaire général de l'OCI, le turc Ekmeleddin Ihsanoglu, a lui aussi appelé la communauté internationale à agir pour faire cesser "le nettoyage ethnique" de cette minorité.

Le dernier sommet de l'OCI, réuni en août à la Mecque (Arabie Saoudite), avait décidé de saisir l'Assemblée générale de l'ONU de ce dossier.

Parlant un dialecte similaire à celui parlé au Bangladesh, les quelque 800.000 Rohingyas de Birmanie ne sont pas reconnus comme citoyens birmans par le gouvernement et sont considérés par la plupart des Birmans comme des immigrants illégaux.

Cet ostracisme alimente un racisme quasi-unanime à leur encontre et le dossier est devenu extrêmement sensible dans la société birmane.

Dans un discours paru samedi dans le quotidien New Light of Myanmar, le chef de l'Etat birman Thein Sein a toutefois estimé que la Birmanie devait mettre fin aux violences communautaires dans l'ouest et s'attaquer aux causes profondes du problème sous peine de "perdre la face" aux yeux de la communauté internationale.

Selon Martin Nesirky, porte-parole de l'ONU à New York, il s'est engagé dans un courrier adressé au secrétaire-général de l'ONU Ban Ki-moon à un règlement en profondeur du dossier.

Les ministres des Affaires étrangères de l'OCI ont également adopté plusieurs résolutions sur les situations en Syrie, au Mali et à Gaza, notamment, mais les textes de ces résolutions n'étaient pas immédiatement disponibles.

AFP

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