Birmanie : des soldats déployés, internet coupé, la crainte d'une répression est imminente

Les forces de l’ordre ont tiré sur des manifestants dimanche au Myanmar, tandis que des militaires se déployaient et qu’internet était presque totalement coupé, faisant craindre une répression imminente du mouvement de protestation contre le coup d’Etat.

Des chars ont été aperçus à Rangoun, la capitale économique. Des déploiements de soldats ont été constatés dans d’autres villes, d’après des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Dimanche, pour le neuvième jour consécutif, les Birmans sont descendus par dizaines de milliers dans les rues.

A Rangoun, ils se sont réunis près de la célèbre pagode Shwedagon pour réclamer la libération d’Aung San Suu Kyi, tenue au secret depuis son arrestation.

Près de la gare centrale, des habitants ont bloqué une rue à l’aide de troncs d’arbres pour empêcher la police de pénétrer dans le quartier. Ils ont ensuite reconduit des policiers qui cherchaient des employés des chemins de fer grévistes afin de les forcer à reprendre le travail.

A Dawei (sud), sept policiers ont annoncé faire défection. Des cas similaires ont été rapportés ces derniers jours.

L’armée a de son côté diffusé une liste de sept militants parmi les plus renommés de Birmanie, qu’elle recherche activement pour avoir encouragé les manifestations.

La peur d’une répression dans le sang

Les télécommunications étaient de nouveau très perturbées avec "une coupure internet quasi-générale" dans l’ensemble du pays, selon l’ONG Netblocks.

A Myitkyina (nord), plusieurs personnes ont été blessées quand les forces de l’ordre ont tiré pour disperser des manifestants, d’après une journaliste locale.

Réagissant à cette escalade de la répression, les ambassadeurs au Myanmar des Etats-Unis, du Canada et de plusieurs pays de l’Union européenne ont exhorté l’armée à "ne pas recourir à la violence", dans une déclaration commune.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, leur a fait écho en demandant au pouvoir birman de "garantir que le droit de se réunir pacifiquement est pleinement respecté et que les manifestants ne sont pas soumis à des représailles".

La peur des représailles est dans tous les esprits dans le pays, où les soulèvements populaires de 1988 et 2007 ont été réprimés dans le sang par les militaires.

Malgré cela, la mobilisation contre le coup d’Etat ne faiblit pas avec de nombreux fonctionnaires (enseignants, médecins, employés de chemin de fer…) en grève.

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