Birmanie: Aung San Suu Kyi rejette le texte du serment à la Constitution

Aung San Suu Kiy
Aung San Suu Kiy - © Maxppp

C'est ce lundi qu'a lieu la première session du nouveau Parlement birman. L'opposante Aung San Suu Kyi et les nouveaux élus de son parti ne se sont pas présentés. Ils rejettent ainsi la formulation du serment qu'ils doivent prêter.

C'est le premier accroc entre la junte birmane et l'opposante Aung San Suu Kyi, dans le cadre du processus d'ouverture politique.

Aung San Suu Kyi a confirmé le boycott de la première session du Parlement birman prévue ce lundi. L'opposante et prix Nobel de la paix, ainsi que les membres de son parti élus récemment lors de législatives partielles, refusent de prêter serment à la Constitution. La nouvelle session du parlement birman s'est en effet ouverte ce lundi en l'absence de la lauréate du prix Nobel de la paix. 

Le parti d'Aung San Suu Kyi rejette ainsi la Constitution de 2008 qui accorde des pouvoirs immenses aux militaires. Ce texte réserve notamment un quart des sièges des assemblées aux militaires. En bref, l'opposante demande que l'expression "protéger la Constitution" dans la prestation de serment soit remplacée par "respecter la Constitution".

Aung San Suu Kyi a triomphalement remporté son premier siège de députée lors du scrutin partiel historique du 1er avril. Son parti politique, la Ligue nationale pour la démocratie, est devenu la première force d'opposition au Parlement.

Le président birman a déclaré, ce lundi matin, qu'il n'avait pas l'intention de modifier ce texte. Le processus d'ouverture politique en Birmanie reste semé d'embûches.

 

L'UE suspend la plupart de ses sanctions contre la Birmanie

 

Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi de suspendre la plupart de leurs sanctions contre la Birmanie, en particulier des restrictions à l'encontre de plus de 800 entreprises, tout en maintenant un embargo sur les armes.

 

"Afin de saluer et d'encourager le processus de réformes" en Birmanie, l'Union européenne "va suspendre les mesures restrictives imposées au gouvernement, à l'exception de l'embargo sur les armes qui sera maintenu", selon une déclaration adoptée par les ministres.

L'UE va suivre de près la situation sur le terrain et "répondre de manière positive aux réformes en cours", précise le texte, en soulignant que l'UE "continue d'attendre la libération inconditionnelle des prisonniers politiques encore détenus, et la levée de toutes les restrictions imposées à ceux qui ont déjà été libérés".

L'UE réclame aussi la fin des conflits ethniques et une amélioration des conditions d'accès de l'aide humanitaire.

L'UE "veut désormais entrer dans une coopération active avec la Birmanie dans son ensemble" en reprenant son aide au développement, précise le texte, et envisage de lui accorder des préférences commerciales, sous réserve d'un feu vert de l'Organisation internationale du travail qui doit d'abord s'assurer qu'il n'y a pas de travail forcé en Birmanie.

Les sanctions européennes arrivaient à échéance à la fin du mois. Elles comprenaient notamment des interdictions de voyager et des gels d'avoirs à l'encontre de 491 personnes, qui avaient déjà été partiellement suspendues. Quelque 59 sociétés et organisations étaient également visées par des gels d'avoirs.

En outre, des restrictions commerciales et d'investissement visaient plus de 800 entreprises, actives dans le domaine de l'exploitation forestière, du secteur minier et du commerce de pierres précieuses. Par ailleurs, 52 entreprises contrôlées par la junte faisaient l'objet de restrictions en matière d'investissement.

Nicolas Willems et AFP

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