Les "maîtres du monde", dont deux Belges, se réunissent en Suisse pour le très select club Bilderberg

Bilderberg: Les "maîtres du monde", dont deux Belges, se réunissent en Suisse
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Bilderberg: Les "maîtres du monde", dont deux Belges, se réunissent en Suisse - © Tous droits réservés

Ils sont 130, hommes et femmes, avec un point commun, compter parmi les personnalités les plus influentes d’Europe et d’Amérique du Nord. Réunis pendant trois jours en Suisse pour la 67e édition du club Bilderberg, les grands de ce monde vont échanger, dans le plus grand secret, sur les enjeux de la planète. De quoi alimenter la machine à fantasme.

C’est un hôtel 5 étoiles transformé le temps d’un week-end en forteresse impénétrable. Le Montreux Palace et ses 236 chambres a été, trois jours durant, entièrement privatisé afin d’offrir aux personnalités conviées confort, et surtout discrétion. Pas question de voir la teneur des discussions entre le CEO de Microsoft et le Roi des Pays-Bas fuitée dans la presse. Le club Bilderberg fonctionne selon la règle de Chatham House, un code éthique de la diplomatie britannique qui interdit de déballer au monde les propos tenus dans le cadre feutré du palace suisse.

Au menu des 130 convives, triés sur le volet, des discussions sur les enjeux majeurs de notre époque. Tour à tour les questions liées au climat, à l’Europe, la Chine, l’intelligence artificielle ou encore les menaces technologiques seront abordées. Chacun est alors libre de faire entendre sa voix, son expertise, sans pression médiatique ou fuite sur les réseaux sociaux. Ainsi, les grands de ce monde ne seront pas tenus par leurs fonctions, s’autorisant un langage de vérité. C’est du moins la promesse des organisateurs qui pourront compter, pour cette 67e édition, sur un panel de dirigeants d’entreprises, de politiciens, d’intellectuels et de personnalités du monde des médias.

Un rempart contre le communisme

D’Annegret Kramp-Karrenbauer, successeure d’Angela Merkel à la tête de la CDU, à Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, en passant par Bruno Le Maire, le ministre français de l’Economie, les grands de ce monde ont répondu présent. Parmi eux, deux Belges, Thomas Leysen, le président de la banque KBC, et Isabel Albers, la directrice éditoriale des titres De Tijd / L’Echo. Deux tiers des participants viennent d’Europe, le reste d’Amérique du Nord. Depuis sa création en mai 1954, à l’initiative du prince Bernhard des Pays-Bas et du milliardaire américain David Rockefeller​​​​​, le club Bilderberg, du nom de l’hôtel néerlandais qui accueillit la première édition, oublie volontairement de convoquer les dirigeants russes, chinois et indiens ainsi que ceux d’Amérique latine ou d’Afrique.

Créé au sortir de la Seconde Guerre mondiale, en pleine guerre froide, le club se veut alors un rempart contre les idées communistes. Longtemps, les cadres de la CIA auront leurs ronds de serviette lors d’une réunion annuelle qui va, au départ, prospérer dans l’ombre. Quand le forum de Davos est sous le feu des projecteurs, Bilderberg se fait discret. Il faut attendre l’année 1979 et la parution du livre d’un journaliste espagnol, Luis Gonzalez-Mata, intitulé Les vrais maîtres du monde pour que son existence soit révélée, à son insu. De quoi alimenter les théories complotistes de tous bords.

Un site internet pour freiner les fantasmes

Certains voient dans ce cercle très fermé un club des puissants où se prendraient les décisions quant à l’avenir des affaires mondiales. Les présences successives de chefs d’Etat, en fonction, Charles Michel en 2015, ou en devenir, Emmanuel Macron en 2014, donne du grain à moudre aux contempteurs. Alors, pour calmer les théories complotistes qui pullulent sur la conférence Bilderberg, le club crée en 2012 son propre site internet, sur lequel il dresse la liste de ses invités et les thèmes évoqués. Une volonté de transparence portée par le président de son comité de direction, l’ancien PDG français de l’assureur AXA, Henri de Castries.

 

 

Un palace de Montreux (Vaud) se prépare à accueillir la conférence Bilderberg

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