Bilan des législatives en France: Macron qui rit, les autres qui pleurent

Au lendemain du premier tour des législatives, l'heure des bilans a déjà sonné. Alors que les résultats de la présidentielle laissaient craindre qu'Emmanuel Macron ne disposerait que très difficilement d'une majorité à l'Assemblée nationale, force est de constater qu'il a bénéficié d'un plébiscite d'une ampleur rarement atteinte depuis 1981.

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Bilan des législatives en France: Macron qui rit, les autres qui pleurent © Tous droits réservés

Les partis traditionnels entre débandade et sauve-qui-peut

La République en Marche, le mouvement du nouveau président français Emmanuel Macron, s'apprête donc à rafler une écrasante majorité à l'Assemblée nationale dimanche prochain, après avoir pulvérisé les partis traditionnels.

La République En Marche et ses alliés du MoDem, forts d'un tiers des voix (32,32%), raviraient lors du second tour dimanche entre 415 et 455 des 577 sièges de l'Assemblée nationale, très nettement au-dessus de la majorité absolue.

"La France est de retour", s'est félicité le Premier ministre Edouard Philippe, en vantant les mérites d'un président qui "a su incarner en France comme sur la scène internationale, la confiance, la volonté et l'audace".

À droite, Les Républicains (LR) limitent la casse sans briller

La droite, LR-UDI (21,5%), qui espérait en début de campagne priver le président Macron de majorité et le forcer à la cohabitation, terminerait avec de 70 à 110 élus.

Un résultat "décevant pour notre famille politique", a convenu l'ancien président de l'Assemblée Bernard Accoyer, tandis que le chef de file de la droite à ces législatives, François Baroin, appelait à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti".

Un recul sans précédent pour le PS

Débâcle à gauche, PS-PRG (9,5%), le Parti socialiste du président sortant François Hollande, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait autour de 20 à 30 sièges. "Un recul sans précédent", a reconnu le chef de file du PS Jean-Christophe Cambadélis, lui-même éliminé dimanche, tout comme le candidat malheureux du PS à la présidentielle Benoît Hamon.

Retour à la réalité pour le FN, son secrétaire général éliminé dès le 1er tour

Camouflet également pour le Front national (13,2%), dont la patronne Marine Le Pen s'était hissée il y a un mois au second tour de la présidentielle contre Emmanuel Macron: les projections donnent seulement 3 à 10 sièges au FN au sein de la nouvelle Assemblée. Pour le FN, c'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot. Le nombre de sièges n'est pas suffisant pour constituer un groupe parlementaire disposant d'une influence réelle.

Marine Le Pen, eurodéputée qui pourrait pour la première fois faire son entrée au parlement français après être arrivée en tête dans sa circonscription du nord de la France, a appelé les "électeurs patriotes" à une "forte mobilisation".

Une extrême droite dont le secrétaire général Nicolas Bay a été éliminé dès le 1er tour.

Mélenchon et ses troupes limitent les dégâts

A l'autre extrême, la gauche radicale (LFI et PCF) de Jean-Luc Mélenchon (11%) obtiendrait, elle, 8 à 18 fauteuils lors du second tour, bien en-deçà de ses espoirs après sa percée au premier tour de la présidentielle.

En Belgique aussi La République en marche triomphe

Quoi qu'il en soit, et malgré l'abstention record, la déferlante en vue du camp Macron vient confirmer le vote des Français de l'étranger la semaine dernière. En Belgique, le candidat de la majorité présidentielle, Pieyre-Alexandre Anglade, avait ainsi récolté 49,3% des voix, loin devant la candidate de la France insoumise.

Cette déferlante confirme surtout la soif de renouvellement politique des Français, qui ont éliminé à la présidentielle les ténors des partis traditionnels au profit d'un homme de 39 ans encore inconnu de tous il y a quelques années, dont le gouvernement mêle personnalités de droite, de gauche et de la société civile. Au total, la République en Marche avait investi 530 candidats pour ces législatives.

Plusieurs membres du gouvernement en ballottage favorable

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Le ministre de la Cohésion des territoires Richard ferrand © FRED TANNEAU - AFP
Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire © BERTRAND GUAY - AFP
Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner © BERTRAND GUAY - AFP

Plusieurs ministres du gouvernement Macron, Bruno Le Maire, Christophe Castaner et Richard Ferrand sont en ballottage favorable au terme du premier tour des élections législatives françaises dimanche soir, selon des résultats partiels.

Dans la première circonscription de l'Eure, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire remporte de son côté 45,32% des voix, devant la candidate Front national Fabienne Delacour, à 23,09%.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, est lui aussi bien placé avec 44,04% des voix dans les Alpes-de-Haute-Provence. Il sera confronté dimanche au candidat de la France insoumise Leo Walter, 16,55%.

Dans la sixième circonscription du Finistère, Richard Ferrand est en ballotage favorable avec 33,93% des suffrages exprimés devant Gaëlle Nicolas (Les Républicains), à 18,10%. Le ministre de la Cohésion des territoires est bien parti pour être réélu, malgré l'enquête préliminaire le visant dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne.

Annick Girardin est elle aussi en ballotage mais les résultats la concernant sont serrés. Elue à Saint-Pierre-et-Miquelon depuis 2007, cette dernière a recueilli 41,59% des voix face à son concurrent Stéphane Lenormand (Archipel Demain), également à 41,59%.

Marielle de Sarnez, ministre des affaires européennes et bras droit de François Bayrou au MoDem, est arrivée en tête au premier tour dans la 11ème circonscription de Paris, revendiquant 41,27 % des voix. Dimanche 18 juin, Marielle de Sarnez sera opposée au candidat LR, le célèbre avocat Francis Szpiner.

Quant à Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat au numérique du gouvernement d'Edouard Philippe, avec ses 38,08% dans la 16ème circonscription de Paris, il a de fortes chances de l'emporter lors du second tour. Un résultat d'autant plus reluisant qu'il a écrasé le secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, quatrième dans la circonscription avec seulement 8, 6% des voix.

Ces six membres du gouvernement d'Edouard Philippe engagés dans la bataille des législatives devront démissionner en cas de défaite lors du second tour. 

Candidats, ceux qui rient et ceux qui pleurent

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Bilan des législatives en France: Macron jubile, les autres © MARTIN BUREAU - AFP
Bilan des législatives en France: Macron qui rit, les autres qui pleurent © PASCAL GUYOT - AFP
Bilan des législatives en France: Macron qui rit, les autres qui pleurent © DENIS CHARLET - AFP

Outre le secrétaire général du parti socialiste, plusieurs cadors de la politique française sont passées à la trappe lors de ce premier tour. D'autres encore sont en posture difficile et ne sont pas certains de l'emporter lors du second tour. 

  • Marine Le Pen est nettement en tête du premier tour de la législative dans sa circonscription du Pas-de-Calais (près de 45% des voix). Elle sera présente au second tour.
  • Benoît Hamon, le candidat malheureux du PS à l'élection présidentielle française est éliminé dès le premier tour dans les Yvelines.
  • Mathias Fekl, le dernier (et bref) ministre de l'Intérieur de François Hollande n'a pas passé le premier tour de ces législatives dans le Lot-et-Garonne. 
  • Manuel Valls, en ballottage favorable passe au second tour, contre la candidate de la France insoumise.
  • François Ruffin, le réalisateur du documentaire "Merci patron", couronné d'un César, passe au second tour
  • Gilbert Collard (FN) est au coude-à-coude avec la torera Marie Sara de La République en Marche, dans la seconde circonscription du Gard. Tous deux passent au second tour.
  • Nathalie Kosciusko-Morizet, l'ancienne candidate à la présidentielle est au second tour, mais arrive très loin derrière le candidat LREM, dans la 2ème circonscription de Paris. Trop loin pour être élue ?
  • Najat Vallaud-Belkaceml'ex-ministre de l’éducation nationale est largement devancée par Bruno Bonnell, candidat de La République en marche à Villeurbanne, 
  • Jean Lassalle, l'ancien candidat haut en couleurs à l'élection présidentielle française, est en ballottage défavorable dans la 4ème circonscription des Pyrénées atlantiques.

Enfin, Paul Molac (La République en marche) est le premier élu officiel de ces élections législatives françaises. Il est rejoint par Napole Polutélé (à Wallis-et-Futuna) et par Stéphane Demilly (UDI) dans la Somme.

>>> À lire aussi: la carte interactive des résultats

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