Bienvenue à Kaliningrad, l'"étrange" enclave russe, accident de l'Histoire (carte)

Kaliningrad est la dernière étape pour les Diables rouges dans cette phase de poules de la Coupe du monde en Russie. Cette destination est sans doute celle qui suscite le plus de curiosité. Car la plus méconnue. La plus "étrange" aussi. Dans le sens où Kaliningrad est une sorte d'"accident" de l'Histoire. 

>> Survolez les points d'intérêts sur la carte ci-dessus pour découvrir d'autres articles

À 1252 kilomètres au nord-ouest de Moscou, sur la Baltique, Kaliningrad, ex-Koenigsberg, ancienne capitale de Prusse orientale. Kaliningrad reprise à l’Allemagne par l’Armée rouge et l'URSS en janvier 1945 et devenue aujourd'hui, après implosion de l'URSS et indépendance des pays baltes, une enclave totalement coupée du reste du territoire russe : une province, un "oblast" coincé entre la Lituanie et la Pologne. Quelque 215 kilomètres carrés, 441.000 habitants, répartis en plusieurs localités.

Kaliningrad-ville, sur le fleuve Pregolia, avec ses quelques vieux bâtiments allemands rescapés des bombardements, des immeubles soviétiques, quelques rares monuments plus anciens comme la cathédrale auprès de laquelle repose le philosophe Emmanuel Kant.

Un stade bâti sur des marécages

Ici aussi, comme dans toutes les localités russes qui accueillent des matchs et des flots de touristes, tout est prêt, tout a été refait ou presque. Pour un budget de 50 milliards de roubles (700 millions d'euros). Soit le budget "habituel" de dix années de travaux dans la région, qui ont été accéléré pour la Coupe du monde.

Avec notamment la "perle" locale, le stade, bâti au milieu de nulle part, sur une zone de marécages en un temps record – deux ans. Un stade de 35.000 places, le plus petit de la compétition mais aussi, en fin de compte, le plus cher.

Une épine dans le pied de l'OTAN

Kaliningrad, entre est et ouest donc, épine dans le pied de l’OTAN, avec ses casernes bien visibles, ses missiles pointés sur l’Europe – moins visibles eux, mais des clichés existent –, mais de cela, on ne peut pas parler ouvertement. Aucun chiffre officiel, aucune communication officielle sur le sujet, les autorités ont même tendance à minimiser la présence militaire dans la région.

Des militaires, bien équipés, que l'on peut pourtant apercevoir de temps à autre lors d'exercices ou lors de manifestations publiques comme lors de cette fête de la Flotte de la Baltique à laquelle nous avons pu assister mi-mai. Avec défilé, fanfare, chants guerriers et quelques démonstrations de force. Le port de Baltiisk étant, pour l'occasion, plein de navires de guerre...

Zone franche

Par contre, sur l'accès à l'enclave par temps de Coupe du monde, aucun souci nous jurent les autorités locales. Pourtant, le passage de frontières avec contrôle douanier entre Russie et Europe promet bien du plaisir aux supporters, venant de Pologne ou de Lituanie : 150.000 à 200.000 invités attendus dont 4000 Belges. 

Kaliningrad se situe aussi dans une zone franche, favorisée par Moscou, sans droits de douane. Terre de pêche, de conserveries, d’agroalimentaire, de bois pour meubles, d’électronique, d'automobiles aussi avec la présence depuis 1994 d'Avtotor, le plus gros employeur de la région (2600 travailleurs), qui assemble pour le marché russe des Huyndai, Kia coréennes, des BMW. 

Enfin, ultime richesse de la région : l’ambre, "l'or de la Baltique", "le don du soleil". 90% des réserves mondiales d'ambre se trouveraient dans la région de Kaliningrad. Nous avons visiter l'une des entreprises productrices, à savoir le Kombinat, établi depuis 1947 dans la localité de Yantarny, entièrement dévouée à l'ambre.

Reportage à Kaliningrad, dans le JT du 24 juin 2018

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK