Biélorussie : Svetlana Tikhanouskaïa, rivale de Loukachenko, s'est réfugiée en Lituanie

Au lendemain de l'annonce de la victoire d'Alexandre Loukachenko à la présidentielle biélorusse, le ministre lituanien Linas Linkevicius a annoncé que Svetlana Tikhanovskaïa, candidate de l'opposition, s'était réfugiée dans son pays.

"Elle est arrivée en Lituanie et est en sécurité", a déclaré Linas Linkevicius, alors que des manifestations contre la victoire du président bélarus Alexandre Loukachenko, élu pour un sixième mandat, ont été dispersées par la police pour la seconde nuit consécutive.

Svetlana Tikhanovskaïaqui a rejeté lundi les résultats officiels, demandant à Alexandre Loukachenko, président de Biélorussie depuis 1994, de "céder le pouvoir". Celui que l'on surnomme "le dernier dictateur d'Europe", au vu du régime autoritaire auquel il soumet la Biélorussie, a été annoncé largement gagnant des élections présidentielles avec plus de 80% des voix. Des résultats vivement mis en cause par une partie du peuple biélorusse, qui est descendu dans la rue deux nuits de suite. Ces protestations ont été violemment réprimées par les forces de l'ordre.

Depuis lundi soir, la localisation de Mme Tikhanovskaïa restait inconnue après son passage à la Commission électorale durant trois heures pour exiger un nouveau comptage des voix. M. Linkevicius avait alors exprimé sa "préoccupation", expliquant à l'AFP: "j'ai essayé de la joindre pendant plusieurs heures, mais on ne sait pas où elle est depuis qu'elle s'est rendue à la Commission électorale".

Cette novice en politique, principale rivale de M. Loukachenko et créditée d'environ 10% des suffrages par la Commission électorale, a déclaré se considérer comme victorieuse dans le scrutin. Elle avait décidé de ne pas prendre part aux manifestations pour éviter des "provocations".

Condamnations occidentales

A l'étranger, la Commission européenne, Paris, Berlin et Londres ont condamné la répression et appelé Minsk à la retenue.

L'Allemagne a évoqué la possibilité de sanctions. Varsovie a demandé un sommet de l'UE consacré au sujet et Washington s'est dit "grandement préoccupé".

A l'inverse, les dirigeants russe et chinois, Vladimir Poutine et Xi Jinping, ont félicité le président Loukachenko. Ce dernier avait pourtant accusé Moscou de vouloir vassaliser son pays et de chercher à le déstabiliser. Moscou a tout de même dénoncé des interpellations de journalistes russes et réclamé la libération de 33 Russes présentés depuis fin juillet par Minsk comme des mercenaires travaillant avec l'opposition.

La campagne électorale avait été marquée par une ferveur inédite pour Mme Tikhanovskaïa. Avant l'émergence de sa candidature, les principaux rivaux de M. Loukachenko avaient été écartés. Deux sont incarcérés, dont l'époux de l'opposante. La mobilisation s'est faite sur fond de difficultés économiques, aggravées par des tensions avec la Russie, et de la réponse d'Alexandre Loukachenko à l'épidémie de coronavirus, qu'il a qualifiée de "psychose".

 

La victoire du président est contestée, la population proteste dans la rue (JT du 10/08/2020)

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