Biélorussie : les images glaçantes de la répression qui s'abat sur les étudiants

Des étudiants arrêtés manu militari en pleine manifestation.
Des étudiants arrêtés manu militari en pleine manifestation. - © AFP

Plusieurs dizaines d’étudiants ont encore manifesté contre la réélection du président Alexandre Loukachenko. Selon les autorités, une trentaine d’entre eux ont été appréhendés dans les rues de Minsk où des milliers de femmes ont à nouveau défilé ce samedi pour réclamer le départ du chef de l’Etat.

Depuis plusieurs jours, la répression sur les étudiants s’intensifie. Comme en témoignent ces images. On y voit des policiers cagoulés de l’OMON, la police antiémeute de la République interpeller et embarquer dans des fourgons d’autres étudiants dans le centre-ville.

Hommes en noir et cagoulés

Recouverts du drapeau blanc et rouge de l’opposition, des étudiants ont organisé des rassemblements de protestation en plusieurs points de la capitale biélorusse, devant l’Institut linguistique notamment où cinq personnes ont été arrêtées.

Un étudiant présent sur place témoigne : "Je suis choqué. Depuis 3 jours, les étudiants se rassemblaient quotidiennement et chantaient des chansons. Tout cela se passait dans le calme et puis soudainement des hommes en noir sont arrivés. J’avais envie de pleurer."

Un des employés de l’établissement raconte lui aussi ce qu’il a vu : "Ils ont arrêté nos jeunes comme s’ils étaient des bandits, ou des terroristes alors qu’ils se tenaient tranquillement, explique cet homme. Bien sûr, qu’il se sont exprimés, qu’ils ont dû dire quelque chose, je ne sais pas quoi… Je n’étais pas là à ce moment-là. Mais ce sont des garçons et des filles non armés. Nous pensions que l’université était un territoire sacré".

Arrestations violentes

Selon la police, une trentaine d’étudiants ont été arrêtés ce samedi, pour avoir participé à une manifestation interdite… Un jeune, arrêté vendredi puis relâché, raconte ce qu’il a vécu : "Quand on m’a arrêté, on m’a dit de ne pas tomber pour que les journalistes ne prennent pas de photos. On m’a ensuite poussé vers le fourgon et il y avait déjà 2 filles à l’intérieur. On a roulé 20 minutes jusqu’au commissariat. Sur le chemin, à un carrefour, on a croisé une voiture qui nous filmait. Les agents de police se sont énervés : ils étaient en colère. L’un d’entre eux me surveillait en me montrant sa main qui formait un poing. À n’importe quel moment, il pouvait passer à l’acte".

En milieu de semaine déjà, plusieurs étudiants avaient été interpellés devant leur école. Depuis le début des manifestations, les forces de l’ordre sont accusées de violences et tortures.


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Alexandre Loukachenko, qui dirige la Biélorussie d’une main de fer depuis 26 ans, fait face à un mouvement de contestation sans précédent depuis qu’il a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle du 9 août dernier, un scrutin entaché par des fraudes massives selon l’opposition.

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