Biélorussie : "Les gens sont très inquiets de la nouvelle vague de répression"

Depuis plusieurs semaines, des milliers de manifestants descendent dans les rues de Minsk, la capitale de la Biélorussie, ils scandent "va-t’en" à l’adresse du président Alexandre Loukachenko, réélu en août dernier.

Un rapport des Nations unies publié ce mercredi mentionne 450 cas présumés de torture, comme l’explique Andrei Vaitovich, correspondant de la RTBF sur place : "Les défenseurs des droits de l’Homme biélorusses ont alerté dès le premier soir des élections, dès les premières informations, qu’on a eu des vrais cas de torture et ils disaient que c’est quelque chose qu’ils n’ont jamais vu depuis 26 ans de l’histoire de la Biélorussie. Et le chiffre annoncé par l’ONU confirme encore une fois le travail des défenseurs des droits de l’Homme sur place. Moi, personnellement, j’ai rencontré cinq personnes qui sortaient des centres de détention et qui m’ont raconté ces histoires. Depuis un mois, les témoignages récoltés par les défenseurs des droits de l’Homme rendent aujourd’hui ce rapport possible et je pense que ce chiffre va évoluer. Beaucoup de gens ont eu des pressions après avoir partagé leur histoire. Dans mon cas personnel, j’ai interviewé un mineur qui sortait du centre de détention avec sa mère qui l’a accueilli, et finalement, quelques semaines plus tard, il y avait les recherches par la police chez eux et maintenant ils ne répondent pas au téléphone et les gens sont très inquiets par la nouvelle vague de répression".

Les étudiants

Des milliers d’étudiants ont boycotté la rentrée scolaire mardi pour réclamer le départ du président. "Ce sont les étudiants qui animent les manifestations depuis le 1er septembre, parce qu’au bout de quatre mois de mobilisation pendant la semaine, il y a quelques actions ciblées dans plusieurs endroits de la capitale ou dans d’autres villes partout dans le pays, et la grosse mobilisation se passe principalement les dimanches. Donc, c’est vrai qu’à la rentrée, avec le retour des étudiants d’autres villes à la capitale, la mobilisation va se poursuivre. Le 1er septembre, j’étais sur place devant l’Université linguistique d’État à Minsk et il n’y avait pas que les étudiants, il y avait aussi certains professeurs qui ont rejoint et qui ont exprimé leur soutien aux étudiants. Mais au bout de quelques minutes, les forces de l’ordre arrivent. Il y avait des arrestations, il y avait des moments de panique parce que l’université a bloqué les portes d’entrée pour les étudiants. Donc, on vit des scènes parfois surréalistes quand on voit les jeunes, parce que ceux qui commencent cette année ont 17 ans, ils n’ont même pas 18 ans, et donc on a déjà des cas confirmés de mineurs arrêtés ces derniers jours", poursuit Andrei Vaitovich.

La mobilisation ne s’est pas éteinte

Selon lui, la mobilisation qu’on observe depuis quatre semaines "n’a presque rien à voir avec l’opposition, mais c’est vraiment la société civile. Et même cette campagne électorale prouvait que c’était la société civile qui représentait le nouveau pays, le renouveau en quelque sorte. Après le départ de Tikhanovskaïa, la mobilisation ne s’est pas éteinte. Après le départ d’autres figures d’opposition du conseil de coordination, les gens continuent à sortir. Donc, aujourd’hui, ce n’est pas la personne qui compte, c’est vraiment le but des manifestants, et leur but est vraiment de demander le départ d’Alexandre Loukachenko, de faire de nouvelles élections et de faire la justice contre tous ceux qui ont participé à la répression massive après l’élection".

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