Biélorussie : les autorités ont tenté d'expulser Maria Kolesnikova, selon ses collègues de l'opposition

Biélorussie : les autorités ont tenté d’expulser Maria Kolesnikova, selon ses collègues de l’opposition
Biélorussie : les autorités ont tenté d’expulser Maria Kolesnikova, selon ses collègues de l’opposition - © GENYA SAVILOV - AFP

Les autorités biélorusses ont tenté de faire traverser de force la frontière ukrainienne à l’opposante Maria Kolesnikova, qui a refusé et déchiré son passeport avant d’être arrêtée, ont indiqué mardi ses alliés.

Selon Anton Rodnenkov, qui se trouvait sur place avec Mme Kolesnikova à la frontière entre les deux pays, l’opposante "a été forcée de monter dans une voiture sur le siège arrière" et "criait qu’elle n’irait nulle part".

"Elle a déchiré son passeport", puis "s’est extirpée par la fenêtre de la voiture avant de se diriger vers la frontière biélorusse", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Kiev.


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Selon Ivan Kravtsov, également présent à la frontière et qui s’exprimait depuis Kiev, M. Rodnenkov et lui ont été emmenés de force lundi matin à Minsk par des inconnus alors qu’ils se rendaient à l’appartement de Mme Kolesnikova après les premières informations faisant état de sa disparition.

Emmenés dans divers bâtiments administratifs, menottés et un sac sur la tête, les deux hommes ont été interrogés, menacés de poursuites judiciaires et se sont finalement vus proposer par les autorités de quitter le pays aux côtés de Mme Kolesnikova.

"Ce qui les intéressait, c’était le transport de Maria Kolesnikova hors des frontières. Ils l’expliquaient par la nécessité d’une désescalade de la situation" au Bélarus, a expliqué Ivan Kravtsov. "J’ai compris qu’ils essayaient de la transporter de force" à la frontière ukrainienne, a-t-il ajouté.


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Le groupe a finalement été transporté en voiture jusqu’à la zone neutre entre les frontières biélorusse et ukrainienne, où les deux hommes sont passés en Ukraine, tandis que Mme Kolesnikova a refusé et a été arrêtée.

Maria Kolesnikova est la dernière des trois figures féminines de l’opposition durant la campagne présidentielle à demeurer au Bélarus. Les deux autres, la candidate Svetlana Tikhanovskaïa et Veronika Tsepkalo, se sont exilées à l’étranger.

Ivan Kravtsov et Anton Rodnenkov sont membres du "conseil de coordination" de l’opposition, contre lequel les autorités biélorusses ont engagé des poursuites pour "menace à la sécurité nationale".

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