Biélorussie: l'opposante Tikhanovskaïa demande à Washington plus de sanctions

La cheffe de file en exil de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa a déclaré mardi à Washington avoir demandé aux dirigeants américains des sanctions renforcées contres des sociétés publiques de son pays afin de les pousser à lâcher le président Alexandre Loukachenko.

L'opposante, qui affirme avoir remporté l'élection présidentielle de l'an dernier et conteste la victoire d'Alexandre Loukachenko, également jugée "frauduleuse" par les Etats-Unis, se trouve dans la capitale américaine pour une série d'entretiens avec le gouvernement de Joe Biden, qui a promis de renforcer la pression sur Minsk.

Elle a expliqué avoir présenté lundi au chef de la diplomatie américaine Antony Blinken une liste de sociétés, notamment des entreprises publiques dans les secteurs du pétrole, du bois et de l'acier, qui devraient selon elle être visées par des sanctions ciblées.

"Seuls les Bélarusses eux-mêmes peuvent mener le pays vers le changement démocratique, mais nous espérons une participation américaine active et pas seulement symbolique", a-t-elle dit lors d'une table ronde organisée par l'Association des correspondants au département d'Etat américain.

"Les Etats-Unis, avec leurs alliés et partenaires, continueront à réclamer des comptes au régime Loukachenko pour ses actes, y compris par l'imposition de sanctions", a déclaré pour sa part la Maison Blanche dans un communiqué, après une rencontre mardi entre l'opposante et le conseiller du président Biden pour la sécurité nationale, Jake Sullivan.

Svetlana Tikhanovskaïa, entrée en politique après l'emprisonnement de son mari, s'est réfugiée en Lituanie après avoir affirmé avoir battu le président Loukachenko lors du scrutin du 9 août 2020, qui a été suivi par de grandes manifestations prodémocratie violemment réprimées par le pouvoir.

"Il est difficile d'expliquer aux gens dans des pays démocratiques que je ne dirige pas un mouvement d'opposition car nous sommes majoritaires", a-t-elle dit. "Même si Tikhanovskaïa devait disparaître un jour pour une raison ou une autre, ce soulèvement, ce mouvement, va continuer", a-t-elle assuré.

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