Biélorussie : l’opposante incarcérée Maria Kolesnikova appelle à la fin de la violence

L’opposante biélorusse Maria Kolesnikova, actuellement incarcérée, a appelé le président Alexandre Loukachenko à renoncer à la violence. "J’appelle les autorités à cesser de lutter contre leur propre peuple, à écouter les Bélarusses et à entamer un nouveau dialogue", a-t-elle déclaré au journal Welt am Sonntag. "Arrêtez la violence ! Arrêtez les poursuites absurdes !"

Mme Kolesnikova est incarcérée depuis septembre 2020 et risque une peine de prison de plusieurs années pour "atteinte à la sécurité nationale". L’activiste s’est fait connaître au niveau international lors de l’élection présidentielle du 9 août 2020 et est, avec Svetlana Tichanovskaya et Veronika Zepkalo, l’une des figures de la contestation visant Alexandre Loukachenko.

Manifestations de masse contre Loukachenko

À la suite de l’élection considérée comme frauduleuse au cours de laquelle M. Loukachenko a revendiqué son sixième mandat consécutif à la tête du pays, l’opposante avait rejoint le mouvement de contestation et participé aux manifestations de masse. Elle avait ensuite été enlevée par des agents du KGB (services de sécurité, NDLR) à Minsk au début du mois de septembre. Elle avait alors déchiré son passeport et s’était échappée d’une voiture la transportant pour un exil forcé en Ukraine. Selon ses dires, Maria Kolesnikova ne regrette pas d’être restée en Biélorussie.

"Je pense que c’était la seule chose à faire. La liberté ne tombe pas du ciel", a-t-elle affirmé. Le Bélarus n’est pas le seul pays à ne pas avoir réussi à mettre en place un système démocratique, mais "pas à pas, nous construisons une société libre et ouverte", a-t-elle ajouté. De nombreux opposants biélorusses, dont Svetlana Tikhanovskaïa, ont fui à l’étranger par crainte de la répression. Les manifestations de l’année dernière ont fait plusieurs morts, des centaines de blessés et causé des milliers d’arrestations. Les militants des droits humains critiquent régulièrement la torture dans les prisons biélorusses.

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