Biélorussie, Haut-Karabakh, Turquie, coronavirus et Brexit : analyse des enjeux du Sommet européen

La Turquie. Ce sera le sujet le plus sensible de ce Sommet européen. Un pays et plusieurs problématiques. Plusieurs dossiers sensibles que les hauts dirigeants européens vont tenter régler. Ce soir, une discussion lui sera entièrement consacrée, après l'escalade de l'été sur fond de manœuvres militaires d'Athènes et d'Ankara, qui se disputent des gisements d'hydrocarbures en Méditerranée. 

Plusieurs navires turcs continuent de forer ou prospecter dans les eaux chypriotes turcs en quête de gaz, au grand dam de Nicosie, qui réclame une réaction de l'UE et menace, pour obtenir gain de cause, de bloquer d'autres dossiers. Un énorme problème, pour Angela Merkel, notamment.

La marge de manœuvre des 27 est très mince. Ils ne doivent pas compromettre le dialogue qu'Athènes et Ankara ont promis de reprendre. Mais ils entendent aussi adresser un message de fermeté à Recep Tayyip Erdogan et afficher leur pleine solidarité avec Athènes et Chypre.

La relation entre Bruxelles et Ankara est devenue l'une des plus épineuses en matière de politique étrangère commune, alors que la France privilégie une approche ferme et que l'Allemagne pousse pour un dialogue. 

3 images
La France privilégie une approche ferme et que l'Allemagne pousse pour un dialogue avec la Turquie.  © Belga

Biélorussie – Chypre – Turquie

Réunis à Bruxelles pour un sommet de deux jours, les dirigeants européens devraient confronter Chypre, l'un des plus petits membres de l'UE, qui est accusé de bloquer l'imposition de sanctions économiques contre la Biélorussie.

L'UE a élaboré une liste d'environ 40 personnes qu'elle souhaite sanctionner pour leur rôle dans la falsification des résultats de la présidentielle du 9 août en Biélorussie et la répression des manifestations contre le régime du président Alexandre Loukachenko.

Pour adopter des sanctions européennes, il faut unanimité des 27. Or, depuis des semaines, Chypre bloque un accord, conditionnant son approbation à l'adoption de sanctions européennes pour faire cesser les opérations de forage de gaz menées par la Turquie dans ses eaux.

Selon des diplomates, la solution pourrait venir d'un compromis avec Chypre prévoyant l'imposition ultérieure de sanctions contre la Turquie. "L'idée est de menacer la Turquie de mesures de représailles si elle continue ses forages et ses autres provocations dans les eaux chypriotes et grecques", a dit un haut diplomate européen.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne vont donc tenter de mettre fin à l'impasse sur la question des sanctions contre la Biélorussie en réglant un litige distinct concernant la Turquie. Une situation qui met en exergue la paralysie du bloc dans sa prise de décisions commune.

Le président du Conseil européen, Charles Michel, représentant les 27 pays de l'UE, a dit espérer un accord sur des sanctions contre le régime au pouvoir en Biélorussie, lors du Sommet européen.

3 images
Charles Michel, Président du Conseil européen, dit espérer un accord sur des sanctions contre le régime au pouvoir en Biélorussie, lors du Sommet européen. © Tous droits réservés

Haut-Karabakh et…Encore la Turquie

Depuis quelques jours, les combats font rage dans le Haut-Karabakh entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Les Européens déplorent une escalade "très préoccupante". Les 27 n’accepteront " aucune ingérence " étrangère dans ce conflit. Et dans la partie d’échecs que mène Reycep Tayip Erdogan, la Turquie est encore présente. Hier, Ankara promettait une aide militaire à l’Azerbaïdjan, si nécessaire. Si c’est le cas, ce serait encore un autre défi pour la diplomatie européenne.

Plan de relance post-corona

La seconde journée du sommet, vendredi, sera consacrée à l'économie. Elle aura pour toile de fond les difficiles négociations avec le Parlement européen pour faire approuver le budget pluriannuel de 1 000 milliards d'euros et la capacité d'emprunts de 750 milliards destinée au plan de relance post-coronavirus pour sortir les économies européennes de la récession. Les eurodéputés, opposés aux coupes drastiques dans plusieurs programmes, comme Erasmus, réclament une augmentation de plus de 100 milliards d'euros. Inacceptable pour les "frugaux" que ce sont les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et l’Autriche.

Brexit ? Encore des négociations

Enfin, et ce ne sera pas simple, les chefs d’Etat et de gouvernements feront le point sur le Brexit et l'état des négociations sur la relation post-divorce avec Londres.


Suivez toute l’actualité européenne avec Euranet Plus, le premier réseau d’information européenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK