Ils ont choisi d'aller sur le front syrien plutôt que de poursuivre leurs études en Belgique. Mais qui sont ces jeunes Belges partis combattre en Syrie? Depuis plusieurs mois, la question est sensible. La RTBF a pu joindre un ancien militaire français reconverti en agent de sécurité. Son nom de code est Kalene. L'homme est basé depuis deux ans dans le pays où, selon lui, plus de 200 Belges auraient pris les armes.
"Généralement, ils arrivent via la Turquie. Dans un village frontalier avec la Syrie, ils sont pris en charge par des personnes qui leur font passer la frontière. On leur confisque alors toutes leurs pièces d’identité, leur passeport, leur argent, leur téléphone : tout ce qui peut faire en sorte qu’ils fassent marche arrière" explique-t-il.
Kalene témoigne : il en a rencontré "un qui ne voulait plus aller au combat et qui s’est retrouvé complètement exclu du groupe. Il était mis sur la touche, rabaissé à des tâches subalternes. Mais il n’avait aucun moyen de retourner en Belgique, ni même de repasser la frontière. Je l’ai pris assez discrètement pris en charge et je l’ai rapatrié jusqu’à Azaz afin qu’il puisse repasser la frontière, ce qui est encore une tout autre paire de manches puisqu’il n’a pas du tout de documents pour passer la frontière. Donc on est obligé de passer la frontière illégalement, ce qui est paradoxal pour un Européen".
A.L. avec R. Sadani