Biélorussie : deuxième nuit de protestations contre les résultats de la présidentielle

Des milliers de personnes se sont à nouveau rassemblées dans la rue afin de protester contre les résultats de l'élection présidentielle biélorusse, qui donne l'indéboulonnable Alexandre Loukachenko grand vainqueur à 80%. Sa rivale, Svetlana Tikhanovskaïa, a rejetté ces résultats, également mis en doute par une partie de la communauté internationale.

Tout comme dimanche soir, ces protestations ont été violemment réprimées par la police.

Un manifestant a été tué lundi soir en Biélorussie par son propre engin explosif lors des protestations contre la réélection la veille du président Alexandre Loukachenko, a indiqué la police.

"L'un des protestataires a essayé de lancer un engin explosif sur les forces de l'ordre, mais cet engin a explosé dans ses mains", en le tuant, a précisé la police dans un communiqué.

Les protestations ont été dispersées de force par la police, qui a utilisé du gaz lacrymogène et tiré des balles en caoutchouc, selon plusieurs médias.

Un témoin interrogé par l'AFP a fait état de ces tirs et de l'utilisation de gaz dans le centre de Minsk, la capitale, où se trouvait un important dispositif policier.

Selon ce témoin et des médias locaux, au moins un journaliste a été blessé à la jambe.

Un journaliste de l'AFP a vu des centaines de manifestants rassemblés en divers endroits de la ville, et la police procéder à des arrestations.

La foule, moins importante que dimanche soir lors de précédentes protestations dispersées par la force, scandait "Honte! " et "Longue vie au Bélarus", selon la même source.

D'autres villes touchées

La police a de son côté confirmé à l'agence russe TASS avoir procédé à des arrestations de manifestants, et assuré avoir "la situation sous contrôle". Selon des médias russes et locaux, des interpellations ont également lieu dans d'autres villes de cette ex-république soviétique.

Des manifestations spontanées émaillées de heurts avec les forces de l'ordre avaient aussi eu lieu dimanche soir, peu après l'annonce de premiers sondages officiels donnant le président sortant Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, largement en tête.

Des milliers de protestataires avaient alors essuyé des tirs de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc de la police à Minsk, qui avaient fait des dizaines de blessés.

Plus de 3.000 personnes ont été arrêtées lors de ces manifestations dimanche soir, selon la police.

Les résultats du vote sont contestés par l'opposition, qui estime que le scrutin est falsifié.

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