Bélarus: l'opposante Tikhanovskaïa demande "plus de courage" aux Occidentaux

La cheffe de file de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa.
La cheffe de file de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa. - © JOHN THYS - AFP

La cheffe de file de l'opposition bélarusse Svetlana Tikhanovskaïa a demandé mercredi plus de "courage" aux Occidentaux, jugeant leur réaction "très modeste" face à la répression du mouvement populaire dans son pays depuis la réélection du président Loukachenko.

"La réaction internationale à la crise politique au Bélarus est malheureusement très modeste", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de l'European Council on Foreign relations (ECFR), un centre de recherche paneuropéen.

"Les Bélarusses attendent de l'Occident qu'il soit plus courageux et plus fort", a-t-elle ajouté lors de cette visioconférence, appelant à parler d'une "seule voix".

Contestation

Le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, fait face à une contestation sans précédent depuis sa réélection controversée début août, jugée frauduleuse par l'opposition et l'Occident et qui a déclenché des protestations de masse. Soutenu par Moscou, M. Loukachenko refuse de quitter le pouvoir. La majorité des meneurs de l'opposition ont été emprisonnés, placés en résidence surveillée ou forcés de s'exiler, comme Mme Tikhanovskaïa qui réside en Lituanie.

L'opposante a regretté que le Bélarus ne soit plus à la Une des médias internationaux. "Pourtant les gens continuent à protester quotidiennement à travers le pays et cela depuis près de six mois", a-t-elle souligné. Les sanctions occidentales sont aussi "bien moins lourdes" que lors de précédentes vagues de répression pourtant "des dizaines de fois moindres", a-t-elle estimé, demandant que l'UE en adopte de nouvelles "dès que possible".

Nous devons soutenir les gens dans la rue

Celles déjà prises par l'Europe "visent désormais 91 personnes et entités. Et les autorités bélarusses le savent, elles seront élargies si la situation devait continuer à se détériorer", a répondu le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian. "Notre position est sans ambiguïté (...). Nous ne reconnaissons pas la légitimité d'Alexandre Loukachenko (...). Avec nos partenaires européens nous appelons à l'établissement d'un dialogue politique inclusif entre les autorités bélarusses et la société civile et nous demandons la libération de tous les prisonniers politiques", a-t-il ajouté.

Son homologue lituanien Gabrielus Landsbergis, dont le pays est très engagé au côté de l'opposition bélarusse, a pour sa part appelé les 27 à être plus actifs. "Nous devons soutenir les gens dans la rue (...) financièrement, politiquement (...) pour qu'ils ne se sentent pas seuls, abandonnés dans leur lutte", a-t-il déclaré.

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