Barack Obama reste favori malgré sa piètre prestation face à Mitt Romney

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Archive - Katya Long invitée de Matin Première - © RTBF

Le président américain sortant affrontait pour la première fois son adversaire républicain, Mitt Romney, lors d'un débat télévisé à Denver la nuit dernière, le premier d'une série de trois. Un exercice qui, contre toute attente, s'est nettement retourné contre Barack Obama. Malgré tout, le candidat démocrate reste le favori. C'est du moins l'avis de Katya Long, spécialiste des Etats-Unis, invitée de Matin Première.

"C'est toujours le favori parce qu'on est quand même assez proche de l'élection, ça va vraiment être difficile de renverser la donne", conclut la chercheuse de l'ULB invitée par la RTBF pour donner son analyse.

Reste que ce premier débat a clairement été remporté par Mitt Romney, "en tout cas sur la forme", estime-t-elle. "Sur le fond, je pense qu’Obama a réussi quand même à se défendre et à défendre son bilan mais souvent dans ces cas-là c'est la forme qui l’emporte et oui,  Romney a été combatif, c’était lui qui avait tout à gagner. C’était un peu sa dernière chance pour renverser la donne, pour apparaître présidentiable et c’est ce qu’il a réussi à faire. Il a pris une position très modérée par rapport à son programme de campagne (…) et puis il a été offensif ce qui n’était pas le cas d’Obama qui visiblement n'était pas dans son assiette".

Un jeu un peu trop facile pour Mitt Romney

Pourquoi Barack Obama n'a pas utilisé les gaffes et maladresses de Mitt Romney pour les retourner une fois de plus contre lui ? De nombreux spécialistes se le demandent ce jeudi matin.

Katya Long donne son analyse : "Je pense, en essayant d'interpréter ce qu'il a essayé de faire, qu'Obama ne voulait pas apparaître comme étant trop agressif et justement voulait apparaître comme un président". C'est d'ailleurs la difficulté d'un président sortant, ajoute-t-elle, celle où on est obligé d'adopter "une posture modérée un peu au-dessus de tous ces combats partisans et donc là, cela a été sa difficulté, c'est qu'il n'a pas voulu attaquer donc notamment sur les 47% (pour Mitt Romney, 47% de la population américaine sont des assistés, ndlr) mais aussi sur le bilan de Romney comme homme d'affaire, sur ses impôts enfin toute une série de choses. Donc lui ne l'a pas fait, le modérateur ne l'a pas fait non plus et donc c'était une excellente soirée pour Romney".

Une victoire républicaine qui vient un peu tard ?

Selon Katya Long, un tiers des électeurs américains regardent essentiellement le premier débat mais cela a une influence "surtout sur les indécis".

"Barack Obama a 5% d'avance", explique la spécialiste des Etats-Unis, "c'est dans les Etats-clés que cela va se jouer mais il y a des Etats comme la Floride, qui sont des Etats indispensables pour Mitt Romney, où cela se jouait à 2%. Donc si Mitt Romney gagne 2% en Floride, il gagne la Floride, ce qui rend sa candidature plus viable qu'elle ne l'était avant-hier".

Malgré tout, on est a 33 jours de l'élection présidentielle, il est un peu tard pour renverser la donne, estime-t-elle. D'autant que de nombreux Américains ont commencé à voter par correspondance. Un système qui se développe outre-Atlantique "car les élections ont lieu un mardi aux États-Unis. Il faut prendre congé, il y a des heures d'attente souvent, surtout dans les quartiers populaires. Les Républicains ont essayé de limiter cela mais les tribunaux leurs ont donné tort (...) Cela a un impact car le candidat qui a la meilleure organisation sur le terrain va pouvoir faire voter ses électeurs en premier et Obama a un avantage là-dessus très net".

Et de préciser qu'"en 2008, un quart des bulletins ont été mis dans l'urne avant le jour de l'élection et donc avant les débats".

 

C. Biourge

 

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