Barack Obama obtient un second mandat "historique"

Deux minutes avant son message de victoire, Barack Obama avait déjà adressé un message de remerciement à ses électeurs: "This happened because of you. Thank you". (Cela est arrivé grâce à vous. Merci).

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, porté au pouvoir il y a quatre ans sur des slogans d'"espoir" et de "changement", a réussi à convaincre une majorité de ses compatriotes qu'il était le mieux placé pour les guider pour quatre années supplémentaires, malgré un bilan économique en demi-teinte. Le président démocrate sortant a enlevé suffisamment d'Etats-clé pour réduire à néant les espoirs de Mitt Romney de le déloger de la Maison Blanche, dans une course serrée qui s'est comme prévu résumée à un mano a mano dans les régions cruciales que les deux candidats arpentaient depuis des mois.

A l'instar de Bill Clinton

Jamais depuis les années 1930 un président des Etats-Unis n'avait été réélu avec un taux de chômage supérieur à 7,2%. Un seul démocrate, Bill Clinton, a enchaîné deux mandats pleins à la tête du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Barack Obama a remporté plusieurs Etats âprement disputés dont le New Hampshire (nord-est), la Pennsylvanie (est), le Michigan (nord) et le Wisconsin (nord), et surtout l'Ohio (nord), le "Graal", selon les estimations des télévisions américaines, autant d'Etats que le républicain espérait enlever. Mais la victoire de Barack Obama sera toutefois plus étroite qu'en 2008, lorsqu'il avait largement dominé John McCain: Mitt Romney a aussi gagné des Etats qui avaient été remportés il y a quatre ans par le démocrate, dont la Caroline du Nord (sud-est) et l'Indiana (centre).

Prenant la parole devant ses supporters réunis à Boston, Mitt Romney a d'emblée félicité Barack Obama et lui a souhaité plein succès dans les temps difficiles pour le pays.

L'Ohio, l'un des Etats cruciaux, donné au camp démocrate par plusieurs estimations a fait tomber la décision en faveur du président sortant. Immédiatement après cette annonce commune à trois grandes chaînes, la clameur s'est élevée à Chicago, où les supporters de Barack Obama étaient rassemblés.

Les projections de CNN donnaient 303 grands électeurs à Barack Obama, dans l'attente des résultats définitifs de Floride. Mais il ne peut de toutes façons pas être rejoint. Il est d'ailleurs donné vainqueur en Virginie dans les toutes dernières estimations de CNN.

Le dollar a continué à reculer, cette fois face à l'euro, après l'annonce de la réélection.

Elio Di Rupo n'a pas tardé à saluer la réélection de Barack Obama

Le Premier ministre a adressé ses félicitations à Barack Obama pour sa victoire lors de l'élection présidentielle américaine. Il se "réjouit de prolonger sa collaboration fructueuse avec le Président Obama et son Gouvernement dans l'intérêt réciproque des Etats-Unis et de la Belgique et de leurs citoyens". "Sa réélection est un signal encourageant pour l'avenir des Etats-Unis, du monde entier et donc aussi du nôtre. Les Américains ont opté pour une Amérique plus juste et plus tolérante", a-t-il commenté dans un communiqué. Le Premier Ministre salue les choix progressistes et les options de politique internationale du Président Obama, qui privilégie une approche multilatérale basée sur le respect mutuel, la concertation et la coopération. "Sa réélection permettra d'intensifier les efforts de l'Europe et des Etats-Unis en faveur de la paix et de la prospérité dans le monde", a encore remarqué Elio Di Rupo, saluant également le travail accompli par Barack Obama en matière de justice et de protection sociale, comme l'accessibilité aux soins de santé.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a aussi réagi. Le chef de la diplomatie belge a loué le travail du président réélu sur la scène internationale. "Barack Obama a toujours fait preuve d'ouverture et affiché une volonté de travailler dans un cadre multilatéral", déclare Didier Reynders.

Le vice-Premier ministre avoue par ailleurs qu'une élection de Mitt Romney aurait été plus problématique. "Nous n'aurions pas su à quoi nous attendre", explique-t-il. "Avec la réélection de Barack Obama, nous pouvons poursuivre notre travail sur plusieurs dossiers, notamment la Syrie, le Moyen-Orient ou encore les relations commerciales", conclut Didier Reynders.

La nuit électorale, minute par minute

05 h 13 : La Floride confirme son basculement dans le camp démocrate, avec 40 000 votes d'avance pour Barack Obama et 90% des bulletins dépouillés. Selon les projections de CNN Barack Obama disposerait de 256 grands électeurs, à 14 du nombre nécessaire pour l'emporter.

05 h 10 : Les bureaux de la côte ouest ont fermé à leur tour. Les projections de CNN donnent Barack Obama vainqueur en Californie, à Hawaï, dans l'Etat de Washington. Il est donné vainqueur dans l'Iowa, l'un des swing states. Mitt Romney empocherait les grands électeurs de l'Idaho, du Montana. Il est également donné vainqueur de la Caroline du Nord, l'un des swing states.

05 h 00 : Les républicains étaient en passe mardi soir de conserver leur majorité à la Chambre des représentants mais ont subi une série de revers au Sénat, contrôlé par les démocrates, laissant présager d'un statu quo synonyme d'impasse politique au Congrès. Les républicains avaient gagné le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat en 2010, avec une avance de 25 élus par rapport à leurs rivaux sur un total de 435 sièges. Selon les télévisions américaines, ils devraient conserver cette majorité. Le Sénat de son côté devait conserver sa courte majorité démocrate, les républicains ayant subi plusieurs revers mardi à la chambre haute, où les électeurs renouvelaient un tiers des 100 élus.

Cette situation risque de prolonger l'impasse politique actuelle alors que les élus du Congrès doivent prendre des décisions importantes d'ici la fin de l'année en matière de dette et de budget.

Dans le Massachusetts, où la bataille était très serrée, la démocrate Elizabeth Warren, une professeur de l'université d'Havard qui a beaucoup oeuvré en faveur des consommateurs, a détrôné le républicain Scott Brown de son siège, longtemps détenu par le démocrate Ted Kennedy. Deux autres candidats républicains proches du Tea Party qui avaient tenu des propos controversés sur le viol ont été battus. Dans l'Indiana (nord), le démocrate Joe Donnelly a ravi le siège du conservateur proche du Tea Party, Richard Mourdock, qui avait suscité un tollé en déclarant qu'une femme qui tombait enceinte après un viol était une "volonté de Dieu". Dans le Missouri (nord), l'ultra-conservateur Todd Akin, imposé par le Tea Party lors de la primaire républicaine, a aussi été battu par la sénatrice démocrate sortante, Claire MacCaskill. Il avait suscité la consternation -et provoqué sa chute dans les sondages- avec des propos sur le "viol véritable".

Le candidat démocrate Christopher Murphy était donné victorieux dans le Connecticut face à la républicaine Linda McMahon, après le retrait de l'actuel sénateur, Joe Lieberman, un ancien démocrate devenu indépendant. Les élus au Congrès devront pourtant s'entendre sur deux questions importantes d'ici la fin de l'année: la dette et le budget. Sur le budget, les républicains, poussés jusqu'à présent par une minorité de blocage de représentants proches du Tea Party élus en 2010, promettent de refuser toute hausse des impôts, comme le réclame le président démocrate Barack Obama sur les ménages les plus aisés.  Sur la dette, le département du Trésor a rappelé le 31 octobre que le plafond légal de la dette publique américaine devrait être atteint d'ici la fin décembre, une limite qui devra donc être relevée par le Congrès si les Etats-Unis ne veulent pas se retrouver en défaut de paiement. Ce dossier empoisonne la politique américaine depuis l'été 2011, quand la note de crédit du pays avait été dégradée par Standard & Poor's. Or cet été là, démocrates et républicains avaient conclu un accord selon lequel, s'ils ne s'entendent pas sur la manière de réduire la dette, un "mur budgétaire" constitué de baisses draconiennes de dépenses et de hausses d'impôts entrera en vigueur à compter du 1er janvier.

04 h 35 : La victoire confirmée de la démocrate Elizabeth Warren dans le Massachusetts, dont Mitt Romney fut gouverneur, constitue un revers pour les républicains, qui ont besoin de remporter quatre sièges supplémentaires pour ravir la majorité au Sénat. Selon CNN, c'est mathématiquement impossible.

Barack Obama est donné vainqueur dans le Minnesota, selon ABC et CBS.

04 h 25 : Ohio et Floride, les deux plus importants "swing states" penchent toujours en faveur des démocrates. Barack Obama est également donné vainqueur dans le Minnesota, l'un des Etats pivots, selon les estimations de ABC. Selon Reuters, Barack Obama pourrait compter sur 241 grands électeurs et Romney sur 191. Mais ce ne sont encore que des estimations fondées sur des résultats partiels.

La possibilité d'une victoire de Barack Obama fait baisser le dollar face au yen à Tokyo.

04 h 00 : Peu de nouvelles projections, sinon la victoire escomptée de Romney dans l'Utah, selon CNN. Barack Obama mène dans le Nevada (swing state), le Montana et l'Iowa. Il mène également largement dans le New Hampshire, avec 25% des bulletins dépouillés. Et il mène dans le Colorado.

03 h 55 : le républicain Richard Mourdock, qui avait très finement jugé que l'enfant né d'un viol était le signe de la volonté de Dieu, est battu pour le siège de l'Indiana au Sénat. Il rejoint dans la défaite Todd Akin, qui, plus tôt dans la campagne, avait doctement expliqué qu'une femme victime de viol développait des défenses naturelles qui devaient l'empêcher de tomber enceinte. Il faut croire que peu d'électrices ont goûté ces élucubrations.

03 h 51 : La Floride va-t-elle enfin basculer dans le camp démocrate ? Les comtés qui doivent encore être dépouillés sont des bastions démocrates. L'espoir est désormais clairement du côté démocrate puisque les perspectives sont bonnes dans plusieurs "swing states". Est-ce un signe : au QG républiocain de Boston, les chaînes d'infos ont été coupées.

03 h 41 : Beaucoup de confusion autour du Wisconsin (10 grands électeurs): Fox donne ce "swing state" à Barack Obama mais CNN le présente encore comme très disputé. La Pennsylvanie serait acquise à Barack Obama selon CNN. L'incertitude demeure totale en Floride où, uen fois encore, le leadership change de camp. Barack Obama y mène désormais de quelques milliers de voix.

03 h 30 : 600 voix de plus pour Mitt Romney en Floride à cette heure! Mitt Romney mène également en Virginie. Barack Obama est toujours entête dans l'Ohio et mène également dans le Colorado après un peu moins de la moitié des bulletins dépouillés.

03 h 20 : Les swing states tiennent leurs promesses: en Floride les deux candidats s'emparent à tour de rôle de la pole position alors qu'on approche de la fin du dépouillement. En Virginie, le sort reste très indécis tandis que Barack Obama semble bien placé pour s'emparer de l'Ohio mais également du New Hampshire et du Wisconsin.

03 h 15 : Toujours le corps à corps entre les deux candidats en Floride. A cette heure, moins de 2000 voix les séparent. Dans l'Ohio par contre, Barack Obama garde un avantage conséquent (54% contre 45) avec un tiers des bulletins dépouillés. La Pennsylvanie irait bien à Barack Obama selon MSNBC.

Au Sénat, la démocrate Elizabeth Warren reprend le siège du sénateur Ted Kennedy, décédé, qui était passé au républicain Scott Brown.

03 h 00 : 123 grands électeurs pour Barack Obama, 132 pour Mitt Romney, c'est le décompte actuel des grands électeurs selon les estimations de CNN. Barack Obama emporterait le Michigan, New York et le New Jersey. Conformément aux prédictions, le camp républicain gagnerait le Nebraska, les deux Dakota, le Texas, le Wyoming et le Mississipi. Toujours selon CNN, les républicains garderaient le contrôle de la chambre des représentants. Dans une telle configuration, si Barack Obama devait être réélu, il verrait ses projets contrecarrés par le Congrès.

02 h 50 : L'élection présidentielle américaine avait généré 11 millions de tweets mardi en début de soirée, a annoncé Twitter, ce qui en faisait déjà l'événement politique le plus twitté de l'histoire, juste devant le premier débat entre Barack Obama et Mitt Romney.

Barack Obama et Mitt Romney  remportent sans surprise les Etats dans lesquels ils étaient donnés favoris. Ils sont cependant engagés dans une course extrêmement serrée dans plusieurs Etats pivots, notamment en Floride, en Virginie et dans l'Ohio, selon les premières projections de CNN. Lutte serrée également dans le Missouri, la Pennsylvanie, la Caroline du Nord et le New Hampshire.

02 h 45 : Selon NBC, les démocrates gagneraient un siège au Sénat et renforceraient ainsi un peu leur très courte majorité.

02 h 30 : Mitt Romney comptabilise 74 grands électeurs à cette heure selon les estimations de CNN. Il l'emporterait dans l'Arkansas et le Tennessee. Dans l'Ohio, sur 20% des votes dépouillés, Barack Obama mène actuellement par 58% contre 40. La lutte est toujours féroce en Floride: 51% pour Obama avec 60% du vote dépouillé.

Mitt Romney est également bien placé pour reprendre la Caroline du Nord à Barack Obama, qui l'avait arrachée aux républicains en 2008.

Au nombre de voix comptabilisées jusqu'ici, Mitt Romney mène la danse dans le vote populaire avec 52% contre 48 à Barack Obama.

02 h 15 : Mitt Romney donné vainqueur en Georgie (estimation). Selon CNN, En Floride, Mitt Romney repasse en tête après 55% des bureaux dépouillés.

02 h 00 : Estimations CNN: Barack Obama l'emporterait dans les Etats suivants: New Jersey, Pennsylvanie, Delaware, Massachusetts, Connecticut, Maryland, Maine, District of Columbia, Maine, Illinois, Rhode Island. Mitt Romney l'emporterait dans l'Oklahoma. Au niveau national toutefois, l'estimation de CNN donnerait actuellement Mitt Romney vainqueur du vote populaire par 51% contre 49.

Mais Barack Obama est toujours en tête en Floride et il mène également dans les tous premiers dépouillements dans l'Ohio. Il lui suffit d'emporter ces deux Etats pour être assuré de remporter l'élection, ce qui est cependant encore loin d'être acquis.

01 h 50 : Barack Obama mène par 52% contre 48 dans l'Etat-clé de Floride, sur 35% des votes dépouillés. Mitt Romney emporte la Caroline du Sud (9 grands électeurs).

01 h 00 : Les premiers bureaux de vote ont fermé aux Etats-Unis, et de premières estimations tombent sur CNN. Barack Obama l'emporterait dans le Vermont et Mitt Romney dans le Kentucky et l'Indina. Des résultats largement attendus. Par contre, en Virginie, l'un des "swings states", les deux candidats sont à égalité, avec 49% des voix chacun. En Floride, les deux candidats sont désormais à égalité après le dépouillement d'à peine 5% des bulletins.

En raison de l'immensité du territoire américain, l'horaire de fermeture des bureaux de vote s'étendra jusqu'à 5h, heure belge, dans les Etats les plus à l'ouest du continent.

200 millions d'électeurs aux urnes

Même s'il semble que la participation n'atteindra pas cette année le record de 2008, dans tout le pays, les électeurs se sont mobilisés pour voter, en dépit de circonstances parfois difficiles.

La mobilisation "historique" de 2008 avait amené plus de 60% des Américains aux urnes. Cette fois, par lassitude ou par dépit, ils seront certainement moins nombreux estiment les analystes. Toutefois, selon l'envoyé spécial à Chicago de la RTBF François Mazure, les sondages "sortie des urnes" laissent entrevoir une victoire du président sortant, crédité d'environ 51% des voix. Mais tout se jouera finalement dans les fameux "swing states", là où quelques milliers de voix dans un sens ou dans l'autre peuvent faire basculer l'élection.

L'Ohio est l'un de ces Etats-clés. Il a été mis en coupe réglée par les états-majors des deux camps, jusqu'à l'ultime minute.

A tel point que pas moins de trois avions des cadors de la campagne se sont retrouvés sur le même tarmac de l'aéroport de Cleveland.

A 11H15 locales, Mitt Romney a atterri sur la piste. A 11H37, l'avion du vice-président Joe Biden, colistier de Barack Obama, a atterri à son tour, s'immobilisant à quelques centaines de mètres de celui du républicain. Et pour compléter le tableau dans cet aéroport situé au cœur d'un Etat susceptible de faire basculer le résultat, alors que le cortège automobile du vice-président quittait la piste pour un restaurant, le colistier de Mitt Romney, Paul Ryan, a à son tour touché terre avant de se garer en parallèle d'"Air Romney" peu avant midi.

Les deux républicains ont annoncé ce déplacement à la dernière minute, lundi, pour rendre visite à des locaux de campagne et inciter leurs partisans à se rendre aux urnes.

Joe Biden était, lui, en route pour Chicago, mais cet arrêt n'avait pas été annoncé à la presse.

C'est la troisième fois en trois jours que les avions de Mitt Romney et Joe Biden se croisent, après lundi à Dulles (Virginie) et dimanche... dans le même aéroport de Cleveland.

Des félicitations pour le "Gouverneur Romney"

Barack Obama, qui passait la journée dans son fief de Chicago avant de participer à la soirée électorale démocrate dans le palais des Congrès de la grande ville de l'Illinois, a décidé de prendre quelques moments de détente. Il s'est également exprimé sur une station de radio, évoquant son "trac". "Tout candidat à un poste électif mentirait s'il disait qu'il n'y a pas de trac avant que les bulletins de vote soient décomptés, parce que tout peut arriver. C'est la magie de la démocratie, c'est aux gens de décider".

"Mais à un certain moment, on devient calme, parce que l'on sait que si on a fait tout ce que l'on pouvait, le processus (électoral) fonctionne comme il le doit, et le pouvoir revient aux électeurs", a encore déclaré Barack Obama.

Le président a aussi sacrifié mardi à un rituel pour lui les jours d'élection: une partie de basket.

Y participaient l'ancienne star de la NBA Scottie Pippen, le secrétaire à l'Education Arne Duncan et l'ancien assistant personnel du président, Reggie Love, tous deux ex-joueurs de basket universitaire de haut niveau.

Plus tôt dans la journée, il s'est rendu en début de matinée dans un des bureaux de sa campagne, pour remercier des volontaires. "Je veux adresser au gouverneur Romney mes félicitations pour une campagne dynamique. Je sais que ses partisans sont aussi engagés, aussi enthousiastes et travaillent aussi dur aujourd'hui" que les démocrates, a affirmé Barack Obama aux journalistes. "Nous sommes confiants dans le fait que nous aurons les voix nécessaires pour gagner", a ajouté le président démocrate sortant, tout en prévenant que cela dépendrait "en fin de compte de la participation".

La campagne -particulièrement rude cette fois, comme l'ont constaté les observateurs- a été longue et éreintante. 227 étapes pour Obama, 294 pour son rival Mitt Romney, dont 46 rien que pour l'Ohio. Le clan démocrate aura dépensé 853 millions de dollars pour 752 millions au camp adverse, selon le Huffington Post.

Des électeurs prêts à tout

En Virginie, les électeurs bravaient le froid mardi pour décider du prochain président des Etats-Unis. Il fallait ignorer les traces de l'ouragan Sandy près de New York, les files d'attente en Floride... ou encore des contractions dans la banlieue de Chicago.    Dans tous les cas, des milliers d'électeurs repartaient mardi en milieu de journée en arborant fièrement l'autocollant rond annonçant : "J'ai voté pour l'élection présidentielle 2012".   

Dans la caserne des pompiers comme dans le hall de la mairie d'Alexandria, Virginie, transformés en bureaux de vote, tous les électeurs sont d'accord avec Kurt, un militaire en uniforme: "Ca va être une élection très serrée". Dans la caserne, volontaires et agents municipaux s'activent à aider les électeurs, qui ont patiemment attendu dans le froid dès 6h00. "Vous prenez vos bulletins et vous les glissez sous les flèches rouges !", répète à l'envi Amanda, agent municipal, à chaque électeur qui attend son tour devant la machine à voter. A l'extérieur, des dizaines de pancartes plantées sur les pelouses vantent les diverses candidatures, aux municipales ou aux sénatoriales. "Tout le monde est enthousiaste, quel que ce soit son camp!", assure Caitrin McCarron qui milite pour le parti républicain.

Des bureaux de vote improvisés dans le New Jersey

A la mairie de la ville, le "rush" du petit matin est terminé et les militants de l'un ou l'autre camp sont presque plus nombreux que les électeurs. Maurice Josh arbore un T-Shirt Obama-Biden. Qui va gagner ? "Ça va être serré. Ça sera... Non, je n'en sais rien. C'est si serré", dit-il. A Hoboken, dans le New Jersey (nord-est), durement frappé par l'ouragan Sandy il y a une semaine, on râle : "C'est inacceptable, nous sommes là depuis 6H00", maugrée Adora Agim, une ingénieure de 38 ans, alors que le bureau ouvre avec 40 minutes de retard. Le bureau de vote a été improvisé. Un bénévole présente ses excuses à la foule qui s'impatiente. "Excusez-nous pour l'état des locaux, mais il y a deux jours, ils étaient sous 60 cm d'eau !". Agim, originaire du Nigeria, qui va voter Obama, insiste sur l'importance de voter: "J'ai vécu dans un pays où votre vote ne compte pas". John Margolis, un banquier de 46 ans, vient de découvrir que la machine électronique qu'il devait utiliser ne fonctionne pas. Il reviendra plus tard. "Je suis à 100% derrière Romney. Disons que je l'étais jusqu'à la semaine dernière", dit-il, impressionné par la réponse du gouvernement Obama à la tempête Sandy.

L'Ohio en point de mire

Dans le quartier de Little Havana de Miami (Floride, sud), Mary Ann Weber, 20 ans, étudiante en architecture, était si "contente" d'enfin voter qu'elle est venue à 3h00 du matin "pour être la première". Dans les rues de Van Nuys, une commune au nord de Hollywood (Californie, ouest), les électeurs ont eu l'aubade des "Coqs de Jalisco", des mariachis pro-Obama. C'est en chantant qu'ils sont entrés dans le bureau de vote de ce quartier hispanique, sous les applaudissements. A Cleveland, dans l'Ohio, un Etat décisif pour le résultat de l'élection, Annie Hamilton, militante démocrate, se plaint de la complexité du bulletin. "Si vous n'avez pas bossé l'affaire, vous êtes perdu", dit-elle. Xamira Burges, elle aussi démocrate, est fière : "Chaque fois que je lis un journal, on ne parle que de l'Ohio. Je suis très fière de compter dans cette élection", dit-elle.   

Voter malgré tout, même la perte des eaux

Près de Chicago, à Dolton (Illinois), rien n'aurait pu empêcher Galicia Malone, 21 ans, de déposer son bulletin, même pas la naissance imminente de son premier bébé. La jeune femme a ressenti ses premières contractions dans la nuit, qui se sont accélérées au petit matin, puis elle a perdu les eaux. "Je n'ai jamais voté de ma vie", a indiqué la jeune femme à la station de radio WBBM, "je voulais que ma fille en soit inspirée", dit-elle. En entrant dans le bureau de vote, "j'ai seulement pensé 'lis (le bulletin) et respire, lis le bulletin et respire...'"

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T.N. avec agences

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