Barack Obama: "Le seul langage que ces tueurs comprennent est la force"

Barack Obama: "Le seul langage que ces tueurs comprennent est la force"
Barack Obama: "Le seul langage que ces tueurs comprennent est la force" - © MICHAEL REYNOLDS - EPA

A la tribune de l'assemblée générale de l'ONU, le président américain Barack Obama a déclaré que le seul langage que ces tueurs comprennent est la force, et que les Etats-Unis vont travailler avec une large coalition pour démanteler ce réseau de la mort. Le Conseil de sécurité des Nations Unies, présidé exceptionnellement par le président américain Barack Obama, a adopté mercredi à l'unanimité une résolution appelant les Etats à serrer la vis contre les combattants terroristes étrangers.

Cette réunion spéciale du Conseil, organisée en marge de l'assemblée générale de l'ONU, témoigne de l'importance du phénomène, désormais considéré comme une menace grave pour la sécurité internationale. Selon une étude de référence, plus de 12 000 combattants -parmi lesquels 3000 occidentaux- ont rejoint le Syrie en trois ans de guerre civile. La plupart d'entre eux sont des djihadistes.

Le président français François Hollande, le Premier ministre britannique David Cameron, le président nigérian Jonathan Goodluck, le Premier ministre turc Recep Tayypi Erdogan ont également participé à la réunion du Conseil, ainsi que de très nombreux autres chefs d'Etat et de gouvernement. La Russie et la Chine étaient représentés par leur chef de la diplomatie. "Dans l'histoire des Nations Unies, ce n'est que la sixième fois que le Conseil de sécurité se réunit à ce niveau", a souligné M. Obama en ouverture des débats.

La résolution 2178 a été adoptée à l'unanimité. Elle a un caractère contraignant, ce qui est assez rare dans l'histoire de l'ONU. Elle vise les candidats jihadistes et djihadistes étrangers tentés de s'associer à l'Etat Islamique, au front al Nosra mais aussi la mouvance d'Al Qaïda. Il ne s'agit pas seulement d'empêcher leur recrutement et leur mobilité, mais aussi toute forme de soutien à ces groupes, entraînement ou financement.

En substance l'ONU veut une lutte plus efficace contre ce qu'il appelle l'extrémisme violent, tout cela bien sûr dans le respect des droits de l'homme. Cette lutte générale doit passer par une plus grande collaboration entre états, et entre police et compagnies aériennes et Interpol doit en faire plus. Pour faire face au risque de radicalisation terroriste, les pays sont aussi appelés à faire appel aux communautés, aux organisations de la société civile. Donc, rien de neuf, la résolution est un catalogue des mesures déjà prises ça et là par les différents Etats. 

Dans une remarquable unanimité, tous les participants ont insisté sur la nécessité de combattre les groupes radicaux. "Il est très rare qu'on atteigne un tel consensus aux Nations Unies", a noté Barack Obama. Des accents différents ont toutefois été exprimés. Ainsi la présidente argentine Cristina Kirchner ou le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont-ils pointé la responsabilité de l'occident dans l'émergence de groupes radicaux armés.

On notera aussi qu'à l'ONU à New York - et il est ici question de la crise ukrainienne - Barack Obama a promis que les Occidentaux lèveront leurs sanctions si la Russie choisissait le chemin de la diplomatie et de la paix. Quelques heures plus tard, le premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a appelé Aaméricains et Européens à ne pas lever leurs sanctions tant que l'Ukraine n'aurait pas retrouvé "l'intégralité de son territoire", à savoir le contrôle des régions de l'est aux mains des séparatistes pro-russes. 

Di Rupo: protéger nos populations et mettre hors d'état de nuire les terroristes

Bien que la Belgique ne siège pas pour l'instant au Conseil de sécurité, son Premier ministre Elio Di Rupo a lui aussi prononcé un discours. Il a appelé à "protéger nos populations, mais aussi ceux qui pourraient être séduits, ou l'ont été, par ces idéologies meurtrières, et qui peuvent en être guéris". Quant à ceux "qui ne peuvent ou ne veulent pas l'être", ils doivent "être mis hors d'Etat de nuire", selon M. Di Rupo.

La Belgique est l'un des pays les plus concernés par la problématique. Proportionnellement à sa population, elle est, avec la Tunisie, l'un des principaux pourvoyeurs des combattants sur le front syrien. L'attentat commis au musée juif de Bruxelles par l'un d'entre eux témoigne du danger posé par leur retour.

La résolution adoptée mercredi appelle les Etats à renforcer les contrôles frontaliers, notamment au moyen d'une évaluation des risques posés par les passagers. Ces méthodes "ne doivent pas s'appuyer sur un profilage basé sur les stéréotypes", précise le texte. Les Etats sont également appelés à collecter des données auprès des compagnies aériennes et à les partager.

Adoptée sous le chapitre 7 de la charte de l'ONU, qui la rend contraignante, la résolution demande aussi de prévoir des sanctions pénales importantes contre le financement et la préparation d'actes terroristes. Le texte a été parrainé sur plus d'une centaine d'Etats.

Interrogé par la presse avant les délibérations, M. Di Rupo a souligné que la Belgique n'avait pas attendu l'ONU pour réagir. "Le travail se fait de manière silencieuse, mais avec des résultats", a-t-il dit, sans détailler ceux-ci. "Ne donnons pas l'impression que la Belgique serait laxiste".

La "grande difficulté", a poursuivi M. Di Rupo, est d'assurer un nombre suffisant de personnes affectées à la surveillance permanente des combattants. "Si le phénomène s'intensifie, il faudra augmenter le nombre de personnes" chargées de cette mission.Elio Di Rupo "ne doute pas que le sujet sera évoqué par le prochain gouvernement".


Belga

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