Bangladesh: une TV islamique interdite, traque des étudiants disparus

Des policiers bangladais interviennent lors de l'attaque terroriste perpétrée le 7 juillet dans le nord du pays, lors de l'Aïd el-Fitr.
Des policiers bangladais interviennent lors de l'attaque terroriste perpétrée le 7 juillet dans le nord du pays, lors de l'Aïd el-Fitr. - © Tous droits réservés

Le Bangladesh a interdit de diffusion une chaîne de télévision islamique et demandé dimanche aux établissements d'enseignement de signaler les absences d'élèves, après deux attaques meurtrières commises par des islamistes présumés, dont plusieurs étudiants ayant disparu depuis plusieurs mois. 

Cette série de mesures antiterroristes intervient après qu'il est apparu que plusieurs islamistes présumés étaient des fans de cette chaîne de télévision, tandis que d'autres étaient inscrits dans des universités réputées et avaient disparu depuis des mois.

La chaîne Peace TV a été interdite au Bangladesh sur décision d'un comité gouvernemental, a déclaré dimanche le ministre de l'Information Hasanul Haq Inu. Peace TV est gérée par un médecin indien devenu prédicateur, Zakir Naik, qui est également le fondateur de l'Islamic Research Foundation à Bombay en Inde. Les programmes de la chaîne sont émis à partir de cette ville.

Les écoles appelées à lister les étudiants absents

La Première ministre Sheikh Hasina avait déclaré auparavant que toutes les écoles, les collèges et les universités devaient "établir une liste des élèves absents et la publier". Jeudi, des islamistes présumés armés de bombes et de machettes avaient tué trois personnes lors d'un rassemblement de fidèles célébrant la fin du ramadan dans le nord du pays. Un étudiant d'une université réputée a notamment participé à ce carnage.

Quelques jours auparavant, 20 otages, dont 18 étrangers, avaient été massacrés dans un restaurant d'un quartier huppé de Dacca, attaque revendiquée par l'organisation Etat islamique (EI). Parmi les djihadistes figuraient trois jeunes gens ayant bénéficié d'une solide éducation et qui provenaient de familles aisées, loin du stéréotype du volontaire issu d'un milieu pauvre et radicalisé dans une madrasa (école coranique).

Multiplication d'actes terroristes en 2016

Le ministre bangladais de l'Education Nurul Islam Nahid a expliqué à la presse que l'encadrement des établissements scolaires devait s'efforcer de retrouver les élèves manquants. "Les autorités pertinentes devront fournir des informations sur les étudiants qui ont disparu depuis plus de 10 jours sans raison valable", a-t-il dit.

Le Bangladesh fait face depuis le début de l'année à une multiplication de meurtres d'intellectuels, de membres de minorités religieuses et de blogueurs athées, des actes revendiqués par l'organisation Etat islamique et par une branche d'Al-Qaida. Le gouvernement refuse cependant de reconnaître la présence de réseaux djihadistes internationaux sur son sol et a imputé l'attaque de Dacca à un groupe islamiste local interdit depuis une dizaine d'années.

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