Baltasar Garzón: "Assange n'a commis aucun délit"

Baltasar Garzón: "Assange n'a commis aucun délit"
Baltasar Garzón: "Assange n'a commis aucun délit" - © GABRIEL BOUYS - AFP

Baltasar Garzón est à Bruxelles. Ce juge espagnol qui a fait arrêter le dictateur chilien Pinochet participe à un débat autour d’un film consacré à Julian Assange, "Hacking justice", projeté à Bozar. Baltasar Garzón est aussi l’un des principaux avocats du lanceur d’alerte australien fondateur de Wikileaks et toujours emprisonné à Londres. Les Etats-Unis demandent son extradition, pour avoir publié des documents compromettants sur les agissements de l’armée américaine. La justice britannique doit se prononcer à ce sujet fin février. S’il est extradé, il risque 175 ans de prison.

Une accusation sans base déjouée

Ce mardi, Assange a remporté une manche judiciaire. Le parquet suédois a abandonné une enquête pour viol contre lui faute de preuves. Cela faisait 7 ans que la justice suédoise enquêtait sur cette accusation faite par une femme suédoise. Pour Baltasar Garzón cependant, cette décision ne change pas grand-chose : "Sauf la satisfaction qu’une accusation sans base, injuste a été ainsi déjouée."

"M. Assange n’a commis aucun délit. Lui, et Wikileaks, ont reçu des informations qu’ils ont décidé de publier. Mais il ne l’a pas fait sur un coup de tête : il a été épaulé par de grands quotidiens, le New York Times, The Guardian, El Pais, Le Monde. L’objectif de cette procédure judiciaire est de le faire taire, et de faire taire Wikileaks. Alors que les faits qu’ils ont dénoncé et qui se trouvent dans les documents publiés, tels que les assassinats, les actes de corruption ou les violations des droits de l’homme, ces faits ne sont pas du tout poursuivis."

Persécution politique

Après avoir passé des années réfugié à l’ambassade d’Equateur, il y a finalement été arrêté. Il a été condamné à 50 semaines de prison par les Britanniques pour non-respect des conditions de bracelet électronique. Il est donc détenu dans une prison de haute sécurité à Londres. L’ONU parle de torture psychologique, et le père de Julian Assange craint qu’il ne meure en prison. Pour Baltasar Garzón, il y a clairement de l’acharnement contre Assange : "C’est de la persécution politique. Nous sommes sûrs que le procès aux Etats-Unis, s’il doit avoir lieu, ne sera juste en aucune façon. On voit que la procédure contre lui est contaminée par les services secrets américains."

Baltasar Garzón juge que la décision d’extrader Assange aux Etats-Unis pourrait être politique : "La justice suédoise dit qu’il n’y avait pas de motif et toute l’accusation s’est dégonflée. En revanche j’espère que l’équipe d’avocats qui entoure Julian Assange pourra utiliser cette décision dans sa défense contre le procès d’extradition vers les Etats-Unis."

"Ce dossier est pollué depuis le début. On sait que dans l’ambassade d’Equateur, où Assange s’est réfugié pendant 7 ans, il y avait des micros et des caméras, et que tous les visiteurs d’Assange, avocats ou journalistes, tous étaient espionnés, et ces enregistrements ont été livrés aux services de renseignement américain. C’est une authentique aberration… Une de plus !", estime Baltasar Garzón.

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