Baisse du nombre de passagers aériens en Suède, l'effet Greta Thunberg?

En Suède, Swedavia AB gère dix aéroports dans le pays, dont ceux de Stockholm et Göteborg. L'opérateur a fait une annonce surprenante. Son trafic passager a baissé, une première depuis dix ans. Un recul, plus important sur les vols intérieurs (- 6 % sur un an) que sur les vols internationaux (- 2 %).

"Flygskam", ce néologisme suédois signifie littéralement "la honte de prendre l'avion". Le terme, apparu l'année dernière, encourage les voyageurs à plébisciter les transports émettant moins de gaz à effet de serre. Autrement dit, éviter l'avion à tout prix. Ce mouvement initié par Greta Thunberg (qui pour rappel, était venue assister à une des marches pour le climat en Belgique, en prenant le train de Suède vers Bruxelles) pourrait, selon certains observateurs, avoir des effets sur les vols de son pays, et la baisse du trafic passager constatée par Swedavia AB. 

Minimiser l'impact idéologique

L'actualité climatique ne serait pourtant pas la raison principale de cette baisse. Selon l'opérateur suédois, l'impact du "flygskam" serait identifié comme "un facteur parmi d'autres", comme l'entreprise l'explique au journal "les Echos": "Après une décennie de forte hausse et un record à 42 millions de passagers l'an dernier, il n'est pas inhabituel de voir ensuite une hausse plus modérée, voire un déclin." A cette raison économique, l'opérateur ajoute une cause politique et l'ajout de cette nouvelle taxe qui aurait engendré la hausse du prix des billets, et donc aurait provoqué un impact sur la demande... Bref, Swedavia AB préfère éviter l'amalgame entre ces actions pour le climat et ses chiffres décroissants.

Pourtant, un chiffre vient consolider la thèse d'un possible effet Thunberg. Celui du nombre de voyageurs en train, qui aurait connu une belle croissance au premier trimestre 2019, de l'ordre de 10% selon SJ AB, le principal opérateur ferroviaire du pays. Cette augmentation pourrait s'accroître, avec l'aide du gouvernement suédois qui a annoncé fin mars, qu'il investirait 50 millions de couronnes (soit près de 4,8 millions d'euros) dans de nouveaux trains de nuits vers des villes européennes, sans préciser lesquelles.

Difficile de savoir si ce mouvement de "honte de prendre l'avion" aura des effets sur d'autres pays et sur la Belgique. En mars dernier, Adélaïde Charlie, la porte-parole francophone de "Youth for Climate" avait fait parler d'elle en se rendant à son voyage de rhéto en train, plutôt qu'en avion. En 2018, selon les derniers chiffres publiés par le SPF mobilité, la plupart des aéroports de notre pays connaîtraient une croissance exponentielle en terme de trafic passager. 

De plus en plus Suédois ont honte de prendre l'avion (JT 05/04/2019)

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