Bagdad: mutinerie de prisonniers, membres présumés d'Al-Qaïda, 18 morts

Des détenus iraquiens derrière les barreaux de leur prison à Kerbala, au sud de Bagdad, le 4 mars 2010
Des détenus iraquiens derrière les barreaux de leur prison à Kerbala, au sud de Bagdad, le 4 mars 2010 - © Mohammed Sawaf

Dix membres présumés d'Al-Qaïda et huit policiers ont péri dans la nuit à Bagdad après une mutinerie dans une prison provoquée par l'homme accusé d'avoir orchestré un carnage l'an dernier dans une église de la capitale, a-t-on appris dimanche matin.

Cette fusillade est intervenue alors que les forces de sécurité redoutent une recrudescence d'activité de la branche irakienne de la nébuleuse islamiste, qui pourrait chercher à venger la mort du chef de l'organisation, Oussama Ben Laden.

La mutinerie, qui a duré plusieurs heures dans un centre de détention de l'unité de lutte antiterroriste du ministère de l'Intérieur, a coûté la vie à quatre officiers, dont le général Moayed al-Sayed, chef de cette unité pour le secteur de Karrada, et quatre autres agents, a indiqué sous couvert de l'anonymat un haut responsable irakien du contre-terrorisme.

Elle a débuté quand des policiers interrogeaient un responsable présumé d'Al-Qaïda, Houthaifa al-Bataoui, pour tenter d'obtenir des informations sur les projets possibles de représailles de l'organisation.

Houthaifa al-Bataoui était notamment accusé d'avoir coordonné la sanglante attaque de la cathédrale syriaque catholique de Bagdad le 31 octobre 2010, au cours de laquelle 44 fidèles, deux prêtres et sept membres des forces de sécurité avaient péri.

Lors de son arrestation en novembre avec 11 autres membres présumés d'Al-Qaïda, il avait été présenté par les autorités comme le chef pour Bagdad de l'Etat islamique en Irak, la branche locale d'Al-Qaïda.

Au cours de son interrogatoire, Houthaifa al-Bataoui est parvenu, peu après minuit, à s'emparer de l'arme d'un lieutenant qu'il a abattu avant de prendre des otages et de libérer neuf autres codétenus, tous membres de la cellule démantelée en novembre, a indiqué le responsable du contre-terrorisme.

Le groupe s'est ensuite dirigé vers le bureau du général Saleh, qui a été abattu d'une balle dans la tête. Les dix insurgés se sont emparés d'autres armes et de grenades.

Cinq des détenus ont alors tenté de s'enfuir à bord d'une voiture de police mais ont été tués par des membres des forces spéciales qui arrivaient en renfort. Les cinq autres se sont retranchés dans la prison jusqu'à la mort du dernier d'entre eux, vers 04H30 (01H30 GMT), a indiqué ce responsable, qui a précisé qu'un prisonnier avait également été blessé.

"La cellule démantelée en novembre était accusée de nombreuses opérations terroristes, pas seulement de celle contre l'église", a-t-il dit à l'AFP. "Beaucoup d'enquêtes étaient en cours à leur sujet et c'est pour cela qu'ils étaient toujours détenus à l'unité de lutte antiterroriste."

Le centre de détention abritait 220 prisonniers, dont 38 membres présumés d'Al-Qaïda.

Un responsable du ministère de l'Intérieur a fait état de cinq morts, parmi lesquels quatre policiers et Houthaifa al-Bataoui, et de six blessés, dont cinq policiers et un insurgé.

Après la mort d'Oussama Ben Laden, les mesures de sécurité ont été renforcées en Irak, où Al-Qaïda a toujours la capacité de mener des opérations sanglantes, malgré les revers que l'organisation a essuyés ces dernières années.

La nébuleuse islamiste est d'ailleurs soupçonnée d'être responsable de l'attentat suicide au véhicule piégé contre un poste de police de Hilla dans lequel 24 policiers ont péri jeudi.

AFP
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