"Bachar Al-Assad n'a pas assuré la protection de son peuple"

"Bachar Al-Assad n'a pas assuré la protection de son peuple"
"Bachar Al-Assad n'a pas assuré la protection de son peuple" - © Tous droits réservés

La conférence internationale de Genève 2 se tient ce mercredi, après de difficiles discussions sur la présence de l'Iran. Finalement, la délégation iranienne ne sera pas présente. Véronique De Keyser, députée européenne spécialisée dans les questions internationales, explique ce que nous pouvons attendre de cette réunion.

Véronique De Keyser est députée européenne socialiste. Elle s'intéresse aux questions internationales, et cela l'a amenée à s'occuper de la question syrienne. Elle n'a pas hésité à rendre visite au dirigeant syrien Bachar Al-Assad, il y a quelques mois. Une démarche qu'elle a défendue malgré les critiques au sein du PS.

Aujourd'hui, les observateurs sont sceptiques: la conférence de Genève 2 ne devrait pas trouver de solution durable pour aboutir à une paix sur le terrain. Mais pour Véronique De Keyser, des avancées humanitaires sont possibles. "La question humanitaire, par exemple celle des des prisonniers qui devraient être relâchés, du désencerclement de certains quartiers, et celle d’un corridor humanitaire, ce serait déjà quelque chose pour la population syrienne en détresse", explique-t-elle.

L'Iran, pièce importante du processus de paix

Mais, elle regrette aussi: "La paix elle ne va pas se jouer en une journée à Montreux. Ce sera un long processus". Dans ce processus, la député européenne souligne l'importance du rôle de l'Iran. "L’Iran ne va pas être présent et on peut le regretter". Pressions des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne, et surtout de l'opposition: pour Véronique De Keyser, "c'est dommage parce que c’est un acteur de taille". Mais les discussions ne seront pas clôturées aujourd'hui. "Il y aura ce qui se passera dans les coulisses, le 24. Et c'est là que le véritable travail qui va commencer", avec l'émissaire des Nations Unies, Lakhdar Brahimi, l'opposition et le gouvernement, "mais à huis clos, cette fois".

 

"Divergences fondamentales"

En résumé, Véronique De Keyser estime que la communauté internationale n'a pas le choix. Avec ou sans l'Iran, il faut avancer. Même si les conditions pour atteindre la paix ne sont pas réunies, estime la députée européenne."

Un exemple de divergences fondamentales : (...) le gouvernement de Bachar veut la victoire, l'opposition croit en une victoire a condition d’un soutien important en termes d’armes, mais mais il n’y a qu’une solution politique qui pourrait amener quelque chose à la population syrienne". Mais Véronique De Keyser ne croit pas que ce soit précisément la volonté des belligérants.

"La nature de cette guerre a changé", ajoute-t-elle. "La révolution qui a éclaté spontanément en 2011, lorsque les démocrates syriens demandaient d’avantage de démocratie, est restée, mais elle est contaminée par une internationalisation du conflit".

"B. Al-Assad n'a pas protégé son peuple"

"C’est une guerre qui a été subtilement transformée par Assad, mais aussi par d’autres, en une guerre internationale. Il y a un risque de déflagration à l'échelle mondiale. C'est ce qui effraie la communauté internationale, qui craint aussi les réseaux terroristes".

Véronique De Keyser insiste: "Il est important d’instruire des deux côtés les fait de torture, de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité. Chacun sera comptable de ses actes". Elle ajoute: "en particulier un chef de l’État". Il "a la responsabilité de la protection de son peuple, cela il ne l'a pas assuré".

"Mais il reste avec des soutiens importants" au niveau de la population, "renforcés par les sanctions économiques internationales", regrette-t-elle.

W. Fayoumi

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