Avortement dans le monde: les femmes risquent gros

Des Argentins en faveur de la légalisation de l'avortement protestent devant le Congrès National à Buenos Aires le 1e août 2018
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Des Argentins en faveur de la légalisation de l'avortement protestent devant le Congrès National à Buenos Aires le 1e août 2018 - © EITAN ABRAMOVICH - AFP

Le Sénat de l’Etat de l’Alabama vient d’adopter mardi le projet de loi le plus restrictif des Etats-Unis sur l’avortement, avec une interdiction quasi totale – même dans des cas de viol ou d’inceste - et prévoyant des peines allant jusqu’à l’emprisonnement à vie pour les médecins pratiquant des interruptions volontaires de grossesse.

Depuis le début de l’année, 28 des 50 Etats américains ont mis en place plus de 300 nouvelles règles afin de limiter l’accès à l’avortement, selon l’Institut Guttmacher qui défend le droit des femmes à l’IVG.

Mais les Etats-Unis ne sont pas l’unique pays à restreindre les droits des femmes.

De nombreux pays dans le monde, principalement en Afrique et Amérique latine, restreignent fortement l’avortement mais seuls une vingtaine d’entre eux l’interdisent totalement. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ces pays sont le Salvador, le Nicaragua, le Surinam, Haïti et la République dominicaine sur le continent américain, les Philippines et les îles Palaos en Asie, le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Gabon, le Congo, Madagascar, Djibouti et la Mauritanie en Afrique. En Europe, seuls Malte, Andorre, le Vatican et Saint-Marin sont dans ce cas.

D’autres pays autorisent l’avortement seulement si la vie de la mère est en danger. En Afrique, c’est le cas de la Côte d’Ivoire, la Somalie, la RDC, l’Ouganda, le Soudan du Sud ou encore la Libye.

Dans ce cas spécifique, l’interruption de grossesse est aussi tolérée dans plusieurs états d’Asie, notamment en Syrie, au Liban, en Afghanistan et au Yémen, ainsi qu’au Bangladesh, au Sri Lanka ou en Birmanie. En Amérique du Sud, quelques pays comme le Guatemala, le Paraguay et le Venezuela ne l’autorisent que dans ce cas-là.

La carte ci-dessous, en cliquant sur les éléments interactifs, présente quelques cas plus concrets dans différents pays du monde.

Les lois hautement restrictives n’éliminent pas l’avortement

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les lois restrictives en matière d’avortement n’en font pas baisser le nombre et les rendent dangereux.

Elles obligent les femmes à risquer leur vie et leur santé en recherchant des avortements non médicalisés. Là où l’avortement est très limité ou indisponible, « l’avortement sans risque est devenu un privilège des riches, tandis que les femmes pauvres n’ont d’autre choix que de recourir à des prestataires peu sûrs ».

Les taux d’avortement et la mortalité maternelle due à un avortement non médicalisé sont les plus bas du monde en Europe occidentale, abritant les lois sur l’avortement les plus permissives. Dans les pays où l’avortement est légal, la morbidité et la mortalité maternelles sont généralement plus faibles car les avortements sont pratiqués par des professionnels qualifiés, ils sont plus sûrs, plus disponibles et plus abordables.

La libéralisation des lois sur l’avortement, accompagnée d’un accès élargi aux services de contraception et à l’éducation sexuelle, permet aux gouvernements de prévenir les grossesses non désirées tout en garantissant qu’un avortement sans danger et légal est offert à toute femme qui souhaite mettre fin à sa grossesse.

Les lois hautement restrictives n'éliminent pas l'avortement

L’Alabama vient de voter la loi la plus répressive des Etats-Unis sur l’avortement

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