Avortées, saignées, maltraitées… Le calvaire des juments dans les "fermes à sang"

Dans des "fermes à sang" en Argentine et en Uruguay, les juments vivent un calvaire. Voici pourquoi. 

Ces exploitations sont plus précisément appelées les "fermes à sang". 10 000 juments y seraient élevées uniquement pour leur sang."Les juments sont inséminées, le sang est prélevé, on extrait ensuite le plasma et ce plasma, une fois congelé est exporté", explique le propriétaire d'une ferme à sang.

Ce plasma est acheté par des compagnies pharmaceutiques européennes et américaines. Ces dernières sont intéressées par une hormone qui est sécrétée par les juments à partir du 40ème jour de gestation. Cette hormone s’appelle l'eCG.

Elle permet aux éleveurs de moutons, chèvres et porcs de faire ovuler les femelles sur commande et donc de programmer les naissances. Sous forme de poudre, cette molécule est vendue 1 million de dollars les 100 grammes.

10 litres de sang par semaine par jument

Chaque semaine, 10 litres de sang sont prélevés sur chaque jument. Elles sont parquées dans des boxes et maîtrisées à l'aide de coups de bâton puis saignées via un cathéter fixé sur leur jugulaire. "Les juments mourraient en masse (…) Sur 100 juments, environ 25 mourraient, voire plus, peut être 30", témoigne un ancien employé d’une ferme à sang. Quant aux juments qui survivent, elles sont très affaiblies, certaines sont blessées et marchent difficilement et les plaies causées par les saignées ne sont pas traitées.

Après 2 mois et demi, les juments en gestation arrêtent de produire l'eCG et sont donc avortées à la main, sans anesthésie, puis réinséminées. Après 3 ans, les juments, épuisées et stériles, partent à l’abattoir pour alimenter le commerce de la viande chevaline.

Une pétition en ligne a réuni plus de 1,9 million de signatures pour interdire l'importation de l'eCG.

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