Avion intercepté par la Biélorussie et arrestation d’un opposant : Washington exige la libération de Roman Protassevitch

Les Etats-Unis ont demandé la libération de l’opposant biélorusse arrêté par Minsk à la suite de l’interception de l’avion où il se trouvait, avant une réunion du Conseil européen lundi qui discutera de "possibles sanctions".

Les Etats-Unis "condamnent fermement le détournement forcé d’un vol entre deux Etats membres de l’UE, et l’exfiltration puis l’arrestation qui a suivi du journaliste Roman Protassevitch à Minsk. Nous exigeons sa libération immédiate", a déclaré le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, dans un communiqué.

L’Organisation de l’aviation civile internationale, organisme rattaché à l’ONU, a avancé que l’atterrissage forcé "pourrait être une violation de la Convention de Chicago", qui protège la souveraineté de l’espace aérien des nations.


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Journaliste dans un média d’opposition

Roman Protassevitch, 26 ans, ancien rédacteur en chef de l’influent média d’opposition biélorusse Nexta, a été interpellé dimanche après-midi à la suite de l’atterrissage d’urgence à l’aéroport de Minsk du vol FR4978, un Boeing 737-800 effectuant la liaison Athènes-Vilnius.

En début de soirée, l’appareil a finalement pu reprendre son vol à destination de la Lituanie, un pays balte membre de l’Union européenne, où il s’est posé avec plusieurs heures de retard sur l’horaire prévu – sans Roman Protassevitch.

"Il ne criait pas, mais c’était visible qu’il avait très peur. On aurait dit que si le hublot avait été ouvert, il aurait sauté", a dit Edvinas Dimsa, un autre passager de l’avion. "Il s’est juste tourné vers les gens et a dit qu’il risquait la peine de mort", a raconté une autre personne à bord, Monika Simkiene.

C’est également ce qu’a avancé sur Twitter la figure de l’opposition biélorusse en exil en Lituanie, Svetlana Tikhanovskaïa, une "peine de mort" que le Bélarus est le dernier en Europe à appliquer.

Au programme du sommet européen

Réunis en sommet lundi et mardi à Bruxelles, les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept discuteront de "possibles sanctions" contre le Bélarus, en plus de celles le visant déjà et qui ont conduit son président Alexandre Loukachenko à se rapprocher davantage de son homologue russe Vladimir Poutine.

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