Avion dérouté : l’EASA appelle les compagnies à éviter l’espace aérien biélorusse

Les compagnies aériennes doivent éviter l’espace aérien du Bélarus, a recommandé l’Agence européenne de sécurité aérienne (EASA) après l’interception d’un avion de ligne, une action qui a selon elle fait peser "un risque accru pour la sécurité du vol".

"Les circonstances entourant cette action jettent de sérieux doutes sur le respect par le Bélarus des règles de l’aviation civile internationale", estime le régulateur européen dans un bulletin d’information sur la sécurité adressé mardi aux transporteurs aériens.

Le régime d’Alexandre Loukachenko est accusé d’avoir détourné dimanche un appareil de Ryanair pour arrêter un opposant à bord, au moyen d’un avion de chasse, ce qui a valu au pays de se faire exclure de l’espace aérien européen, entre autres sanctions.


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Pour l’EASA, cette action a "entraîné un risque accru pour la sécurité du vol […] et remet en question la capacité du Bélarus à fournir des services de navigation aérienne sûrs". En conséquence, elle estime que les compagnies basées dans ses États membres (les 27 pays de l’UE, la Suisse, la Norvège et le Liechtenstein) "doivent éviter" de survoler l’espace aérien biélorusse sauf si cela s’avérait "nécessaire pour assurer la sécurité de l’exploitation en cas de circonstance imprévue". Cela peut être par exemple le cas quand un appareil doit se dérouter vers l’aéroport le plus proche pour se poser en urgence.

L’EASA "conseille" également d’éviter l’espace aérien biélorusse aux compagnies d’autres pays amenées à survoler l’UE.

Le régulateur précise qu'"à ce stade", cet événement n’est "pas considéré comme une condition dangereuse qui justifierait une directive de sécurité", imposant aux compagnies de s’y plier.

Le détournement par l’État biélorusse de l’avion de Ryanair est perçu comme une infraction à la Convention de Chicago de 1944, qui établit les règles de l’aviation civile internationale et dont Minsk est signataire depuis 1993. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), dépendante de l’Onu, a été saisie d’une demande d’enquête au sujet de cet incident et fait part de sa "profonde inquiétude". Elle doit réunir jeudi son organe directeur à ce sujet.

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