"Avec moi il n'y aurait pas eu de terroriste au Bataclan": Marine Le Pen a-t-elle franchi une "ligne rouge"?

Marine Le Pen, en baisse dans les sondages, muscle son discours
Marine Le Pen, en baisse dans les sondages, muscle son discours - © JOEL SAGET - AFP

La patronne de l'extrême droite française Marine Le Pen, en léger recul dans les sondages à quatre jours du premier tour de l'élection présidentielle, durcit son discours sécuritaire et anti-immigration, tandis qu'un attentat vient d'être déjoué en France.

"Avec moi, il n'y aurait pas eu de Mohamed Merah", qui se proclamait "combattant d'Al-Qaïda" et avait tué en 2012 trois militaires ainsi que trois enfants et un enseignant juifs, et "il n'y aurait pas eu les terroristes migrants du Bataclan et du stade de France" qui ont fait 130 morts en novembre 2015, assure Marine Le Pen.
"Les mesures que je veux mettre en oeuvre n'auraient pas permis à ces personnes d'être soit sur le territoire, soit en liberté", a-t-elle dit.

On ne récolte pas de voix sur le dos des morts


"On ne récolte pas de voix sur le dos des morts. C'est une sorte de ligne rouge d'ordre moral" que "Marine Le Pen vient de franchir", critique un éditorial du quotidien Le Monde.
Il n'empêche: le thème est porteur dans une France traumatisée par une série d'attentats djihadistes qui ont fait 238 morts en 2015 et 2016, et où la menace terroriste reste "plus élevée que jamais", selon le ministère de l'Intérieur.
Mardi, deux hommes soupçonnés de préparer un attentat jihadiste "imminent" en France ont été arrêtés à Marseille, avec un arsenal inquiétant dans leur appartement -dont trois kilos d'explosifs et plusieurs armes à feu. Les deux suspects, Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, tous deux de nationalité française avaient déjà été incarcérés pour des faits sans caractère terroriste.

L'offensive de Mme Le Pen sur l'immigration et la sécurité lui permet d'éviter un sujet plus glissant: la sortie de l'euro, promise dans son programme et qui continue de faire peur à une majorité de Français (72% selon un récent sondage).
"Depuis son meeting lundi soir, il y a une réorientation vers les fondamentaux anciens, particulièrement l'immigration. On revient à l'os (...) Car l'électorat frontiste est plus divisé qu'il n'y paraît sur la sortie de l'euro", analyse pour l'AFP Jean-Yves Camus, spécialiste du FN.
 

Extrait du discours de Marine Le Pen (Images BFM TV via youtube)

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