Avec le départ de Raul, Cuba met fin à 60 ans de pouvoir des frères Castro

C'est le congrès du Parti Communiste Cubain (PCC), qui entérinera le départ à la retraite de Raul Castro et tournera ainsi une page historique pour le pays. Après la mort de Fidel Castro, en 2016 et la retraite de son frère Raul à près de 90 ans, ce sera au tour de Miguel Diaz-Canel, 60 ans, de prendre les rênes du pouvoir. Une succession présentée par le pouvoir comme un pas dans la continuité.

Mais le départ de Raul Castro met fin à une période de 60 années de pouvoir de la famille. La réunion du PCC prendra place d'ailleurs 60 ans jour pour jour après la déclaration par Fidel Castro du caractère socialiste de la révolution qui l'a amené au pouvoir. 

Raul ne part pas seul

Le parti communiste, parti unique, n'a été fondé qu'en 1961 mais il est toujours aux commandes du pays. Avec Raul Castro, ce sont aussi d'autres grands noms de la révolution cubaine qui quittent le devant de la scène. Ceux qui ont joué un rôle dans la révolution de 1959 et le renversement du dictateur Fulgencio Batista.

Parmi eux, des figures comme le numéro deux du parti, José Ramon Machado Ventura, 90 ans, et le commandant Ramiro Valdés, 88 ans. Ce sera aussi le cas de Leopoldo Cintra Frias, "Polito", qui quittera le Bureau politique du parti. L'organe de 17 membres qui est au coeur de l'appareil d'état cubain. Il avait rejoint la révolution à l'âge de 16 ans, en 1957. Il a suivi des études militaires en Tchécoslovaquie et en Union Soviétique. Il a ensuite effectué des missions militaires en Ethiopie et en Angola avant de devenir parlementaire en 1976. Il était aussi le tout puissant ministre des Forces Armées Révolutionnaires, poste clé du régime. 

Mais Raul Castro ne part pas sans prendre des décisions d'importances. Juste avant son départ, il a désigné le général Alvaro Lopez Miera, 77 ans et aussi vétéran de la révolution, comme successeur de Leopoldo Frias

 

Contexte économique difficile

Le départ de Raul Castro du pouvoir a lieu à un moment où la situation économique de son pays reste délicate. La pandémie de COVID19 a fait disparaître le tourisme mais la réforme économique en cours apporte aussi son lot d'inquiétudes. Deux monnaies coexistaient jusqu'à tout récemment. La CUC, alignée sur le dollar et la CUP qui vaut 24 fois moins.

Cette dernière reste seule dans les portemonnaies cubains. S'en est suivi un bond des salaires, une multiplication par 5 en moyenne mais aussi une hausse substantielle des prix des denrées de bases comme l'alimentation et l'électricité. 

Tout cela sans compter les effets des sanctions américaines imposées par l'administration Trump qui perdurent. 

Perspectives pour la relève du castrisme

L'arrivée au pouvoir de Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, permet aux Cubains d'espérer un retour au dialogue brutalement interrompu par 4 ans d'administration Trump. 

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