Avec Donald Trump, un bon dessin vaut mieux qu'un long discours

Être président d’une grande puissance mondiale demande souvent beaucoup de concentration. Malheureusement, ce n’est semble-t-il pas la plus grande qualité du président américain Donald Trump. En 2017, lors de son sommet à Bruxelles, l’Otan avait averti les dirigeants de ce problème, les enjoignant à ne pas faire des discours plus courts, de deux à quatre minutes.

"Même un sommet de l’Otan habituel est trop formel, trop policé et trop lourd pour Trump", avouait au journal Foreign Policy Jorge Benitez, un expert de l’Otan. Au-delà de cet aspect, l’Otan craignait le caractère lunatique du président, adepte des sorties pas toujours très diplomatiques sur Twitter. "Les gens ont peur de son caractère imprévisible, et sont intimidés par la manière dont il pourrait réagir, sachant que le président dit ce qu’il pense – et tweete ce qu’il pense", ajoute un ancien officiel de l’Otan.

Depuis, les autres dirigeants ont pris l’habitude de s’exprimer clairement, sans détour… et parfois de manière originale. Selon le journal anglais The Independent, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a fait fort cette semaine au rassemblement du G20 de Tokyo. Il a fourni à Donald Trump un schéma coloré pour lui expliquer comment le Japon plaçait ses investissements aux États-Unis. On y voit la carte du territoire américain, avec des flèches et des bulles rouges "nouveau" pour attirer l’œil du président américain. Pour couronner le tout, le titre reprend les codes du tweet trumpien, tout en majuscules, soulignées qui plus est.

Le Premier ministre japonais n’est pas le premier dirigeant à avoir compris comment intéresser Donald Trump. En juillet dernier, c’est le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker qui avait usé de la même technique. Selon le Wall Street Journal, il avait réussi à expliquer de manière simple, et avec de petites cartes colorées, que les Etats-Unis ne devaient pas augmenter les frais de douanes sur les voitures européennes. Selon les officiels de l’UE, ce n’était "pas une réunion très académique", mais ça a fonctionné. Jean-Claude Juncker s’était même fendu d’une petite pique acerbe : "si vous voulez être stupide, je peux l’être aussi."

En décembre, c’est la chancelière allemande Angela Merkel qui avait tenté de trouver une méthode Trump-compatible, à propos de la menace que représentait selon elle les ambitions du président russe Vladimir Poutine. Le New Yorker explique qu’elle était venue avec une carte des frontières du bloc soviétique en 1982, comparées aux ambitions territoriales actuelles de la Russie. Mais cette fois, Donald Trump n’en avait pas eu grand-chose à faire. Plus tard, Merkel avait révélé que le président avait cessé de l’écouter pour aller se vanter de ses récents scores de popularité chez les électeurs républicains…

Clotûre du G20 à Osaka, ce 29 juin, avec notamment Shinzo Abe et Donald Trump

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