Avec Al-Hoceïma, le Maroc vit une crise de modernité

Avec Al-Hoceïma, le Maroc vit une crise de modernité
Avec Al-Hoceïma, le Maroc vit une crise de modernité - © AFP

"Le Maroc traverse une crise de changement social, de développement, de modernité d'une certaine façon". Interviewé dans Au bout du Jour, Mohamed Tozy, sociologue et politologue, spécialiste des mouvements islamistes et directeur de l'Ecole de gouvernance et d'économie de Rabat, peint un portrait nuancé d'un pays en plein bouleversement. 

La région marocaine d'Al-Hoceïma est en ébullition depuis près de huit mois. Un mouvement de contestation nommé 'Hirak' (la mouvance) secoue la ville d'Al-Hoceima, chef-lieu de la province du même nom, pour protester contre "l'Etat corrompu" et la marginalisation de la région du Rif où se trouve la province.

L'Hirak, symbole de la maturité de la société marocaine

"Tout a commencé avec la mort d'un jeune poissonnier dans des circonstances atroces, résume le sociologue et politologue marocain Mohamed Tozy. Et ça a donné un mouvement social très organisé, c'est un indicateur de la grande maturité non seulement de la société marocaine mais aussi de la société civile locale."

Les revendications concernent les équipements, le désenclavement de la région et le gouvernement marocain a reconnu lui-même qu'il y a eu des lenteurs dans la mise en oeuvre du plan de développement de la région. 

Plusieurs leaders de cette contestation sociale ont été arrêtés et accusés d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat ou d'humiliation des symboles du pays. "Cette crise donne aussi à voir un grand vide de médiation sociale, une grande crise de la politique locale parce qu'aussi bien les syndicats que les politiques n'ont pas pu prendre en charge ce mouvement social", estime Mohamed Tozy.

Ecoutez l'interview de Mohamed Tozy par Eddy Caekelberghs :

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