Avant l'affaire Skripal, ces empoisonnements politiques historiques

Viktor Iouchtchenko est persuadé qu'il a été victime d'un empoisonnement politique à l'occasion d'un dîner partagé avec des responsables des services de sécurité ukrainiens. 
Viktor Iouchtchenko est persuadé qu'il a été victime d'un empoisonnement politique à l'occasion d'un dîner partagé avec des responsables des services de sécurité ukrainiens.  - © Tous droits réservés

Le 12 mars, Theresa May expliquait à la tribune du Parlement britannique: "Il est très probable que la Russie soit responsable de l'acte posé contre Sergueï et Youlia Skripal". Londres accuse Moscou d'être derrière l'empoisonnement d'un ex-espion russe, Sergueï Skripal, et de sa fille, Youlia.

Historiquement, l'empoisonnement a été utilisé à plusieurs reprises par un pouvoir pour se débarrasser d'un adversaire ou d'un libre-penseur encombrant. 

L'insubmersible Castro

La CIA aurait tenté d'assassiner Fidel Castro à 638 reprises! Certaines idées ont été abandonnées, les autres ont échoué. Comme en 1963 lorsque les Américains tentent d'éliminer le leader cubain avec un...milkshake au chocolat. Un serveur de l'hôtel Havana Libre était chargé de verser une pilule de poison dans la boisson destinée à Castro mais celle-ci reste collée sur la paroi d'un congélateur. 

Le parapluie bulgare

En 1978, un homme attend son bus sur le pont Waterloo dans le centre de Londres. L'homme est bousculé par un passant qui s'excuse et reprend sa route. Au passage, l'inconnu lui a injecté une dose de ricine via la pointe de son parapluie. 

Quelques heures plus tard, la victime est prise la fièvre. Il meurt trois jours après à l'hôpital. Cet homme s'appelle Georgi Markov, auteur et dissident bulgare. Les assassins n'ont jamais été attrapés ni identifiés, les commanditaires seraient les services secrets bulgares. Cette méthode d'empoisonnement est désormais connue comme le coup du parapluie bulgare.

Le héros de la révolution orange défiguré

Septembre 2004, nous sommes en pleine campagne pour la présidentielle ukrainienne. Viktor Iouchtchenko est le candidat de l'opposition, un candidat pro-européen qui s'associe à Ioulia Tymochenko. 

Iouchtchenko est alors victime d'une intoxication alimentaire. Des analyses révèlent une concentration de dioxine "10 000 fois supérieure à la valeur maximale autorisée" dans le corps de l'opposant. Celui-ci survit et remporte la présidentielle de 2005 mais son visage reste à jamais marqué par cette intoxication à la dioxine.

Viktor Iouchtchenko est persuadé qu'il a été victime d'un empoisonnement politique à l'occasion d'un dîner partagé avec des responsables des services de sécurité ukrainiens. 

Le cas Litvinenko

L'affaire Skripal en rappelle une autre, vieille d'un peu plus de dix ans: le cas d'Alexander Litvinenko. En novembre 2006, cet ex-agent secret russe prend un thé dans un hôtel de Londres. Il se sent mal et meurt quelques semaines plus tard.

Des traces de polonium-210 sont retrouvées dans son corps. Le polonium-210 est une substance radioactive extrêmement toxique produite en Russie. Selon une enquête britannique, Vladimir Poutine a "probablement approuvé" cet assassinat, ce que Moscou a toujours démenti.

Agression en plein aéroport

Le 13 février 2017, Kim Jong-nam, demi-frère du président nord-coréen, s'apprête à prendre l'avion dans l'aéroport de Kuala Lumpur (Malaisie). Il est agressé par deux femmes qui lui jettent un liquide au visage. 

Les images de vidéo-surveillance montrent que Kim Jong-nam ne réalise pas ce qui vient de lui arriver. Il va dénoncer son agression aux services aéroportuaires, il meurt lors de son transfert à l'hôpital.

Le liquide utilisé comportait du VX, un agent neurotoxique classé comme arme de destruction massive, dix fois plus puissant que le sarin.

Kim Jong-nam était tombé en disgrâce aux yeux du régime nord-coréen. Éduqué à Genève et à Moscou, il avait pris goût au mode de vie occidental avec un intérêt particulier pour l’argent, l’alcool, le jeu et les femmes. C’est lui, l’aîné, qui aurait dû succéder à son père Kim Jong-il, mort en 2011, mais son cadet lui a donc été préféré. Accusée, la Corée du Nord a toujours nié être impliquée dans cet assassinat.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK