Autriche: le parti d'extrême droite FPÖ accusé de vouloir "contrôler" les médias

Le FPÖ gouverne l'Autriche au sein d'une coalition formée par les conservateurs de Sebastian Kurz
Le FPÖ gouverne l'Autriche au sein d'une coalition formée par les conservateurs de Sebastian Kurz - © ALEXANDER KLEIN - AFP

Le ministre de l'Intérieur d'extrême droite autrichien Herbert Kickl (FPÖ) était dans la tourmente mardi. L'opposition l'accuse de dérive "anti-libérale" à la Viktor Orban après la diffusion d'instructions visant à limiter la coopération de la police avec des médias jugés "critiques".

Dans un courriel révélé par la presse, le cabinet du ministre recommande aux directions régionales de limiter au "minimum légal" la communication avec trois publications jugées peu complaisantes, les quotidiens Kurier (centre) et Standard (centre-gauche), ainsi que l'hebdomadaire Falter (gauche).

"Une muselière"

La missive, dont l'authenticité a été confirmée par le ministère, préconise en outre que la nationalité et le statut éventuel de demandeur ou de bénéficiaire du droit d'asile soit systématiquement précisé pour tout mis en cause dans un fait divers.

L'opposition sociale-démocrate, libérale et écologiste a dénoncé mardi une "muselière pour les médias indépendants" ainsi qu'une tentative d'"orbanisation" de l'Autriche, dans une allusion au dirigeant "anti-libéral" hongrois Viktor Orban.

Le parti libéral Neos a interpellé le chancelier conservateur Sebastian Kurz et demandé à ce que M. Kickl soit convoqué par le parlement mercredi. Depuis New York où il participe à l'assemblée générale annuelle des Nations unies, le chef du gouvernement a souligné que "toute limitation de la liberté de la presse était inacceptable".

Le FPÖ contre le "parti-pris"

Le ministère a reconnu avoir formulé des "incitations" pour ses directions régionales, soulignant que les médias nommément visés faisaient selon lui fréquemment preuve de "parti pris" dans leur travail journalistique. Le cabinet a toutefois assuré que l'initiative ne provenait pas du ministre et que le mail n'avait "pas valeur d'instruction".

Ancien secrétaire général du FPÖ et considéré comme le "cerveau" du parti, Herbert Kickl, 49 ans, est sous le feu des critiques depuis son arrivée en décembre à l'Intérieur, un ministère sensible qui avait jusqu'alors toujours échappé à la formation d'extrême droite.

Le FPÖ, une formation alliée au parti Russie unie de Vladimir Poutine, gouverne l'Autriche depuis décembre au sein d'une coalition formée par les conservateurs de M. Kurz.

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