Autriche: l'alliance inédite conservateurs-écologistes vise la neutralité carbone en 2040

Le chef du Parti populaire autrichien (OevP) Sebastian Kurz (L) arrive pour la présentation du programme du gouvernement de coalition nouvellement formé le 2 janvier 2020 au palais de la Hofburg à Vienne. Kurz a déclaré que ses conservateurs et les Verts avaient obtenu un "excellent résultat" dans des négociations difficiles pour former un gouvernement de coalition.
Le chef du Parti populaire autrichien (OevP) Sebastian Kurz (L) arrive pour la présentation du programme du gouvernement de coalition nouvellement formé le 2 janvier 2020 au palais de la Hofburg à Vienne. Kurz a déclaré que ses conservateurs et les Verts avaient obtenu un "excellent résultat" dans des négociations difficiles pour former un gouvernement de coalition. - © ALEX HALADA - AFP

Les conservateurs autrichiens de l'ÖVP et les Verts avec lesquels ils ont noué une alliance inédite mercredi ont mis la lutte contre le réchauffement climatique et les réductions fiscales en tête de leur programme de coalition.

Le Parti populaire autrichien (ÖVP) emmenés par l'ex-chancelier Sebastian Kurz et Les Verts visent la neutralité carbone du pays pour 2040, soit dix ans plus tôt que ce qu'ambitionne l'Union européenne.

Cet accord prévoit une production d'électricité entièrement issue de sources d'énergie renouvelable d'ici 2030 et un plan ambitieux pour les transports publics. L'impôt sur le revenu des plus bas salaires baisserait de 25% à 20%, sans que la coalition ne prévoie de creuser le déficit public.

Cette alliance sera la première à associer les conservateurs aux écologistes à l'échelle nationale. Elle succède au gouvernement controversé formé par les conservateurs et l'extrême-droite du FPÖ, qui avait explosé sur un scandale lié au chef de file gouvernemental des extrémistes, Heinz-Christian Strache, accusé de tentative de corruption.

Entre l'ÖVP et Les Verts, tous deux sortis gagnants des élections législatives de septembre dernier, c'est le thème de l'immigration qui semblait le plus explosif. L'accord conclu au terme de plusieurs semaines de négociations envisage une "nouvelle stratégie migratoire", qui séparerait plus clairement l'immigration fondée sur le travail de celle des demandeurs d'asile, tout en facilitant l'accès au marché du travail pour les travailleurs immigrants.

D'autres mesures prévoient d'étendre l'interdiction du voile islamique dans les écoles, ou d'ouvrir une possibilité d'incarcérer des demandeurs d'asile considérés comme dangereux, même s'ils n'ont commis aucun délit, selon l'agence espagnole EFE.

En matière commerciale, le futur gouvernement confirme son rejet de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur "sous sa forme actuelle". Il cherchera aussi des soutiens en Europe pour imposer des tarifs douaniers écologistes, selon le chef de file des Verts, Werner Kogler.

Les écologistes doivent encore approuver le projet d'accord lors d'un congrès programmé samedi, mais un feu vert est attendu.

Sebastian Kurz, appelé à redevenir à 33 ans le plus jeune dirigeant d'un pays de l'Union européenne, a dit souhaiter un exécutif en place dès ce mois.

La nouvelle coalition comprendra dix ministres issus du parti conservateur et quatre pour les écologistes. "La répartition des postes correspond aux priorités de chaque parti", a déclaré le futur chancelier, dont la formation aura notamment la main sur les portefeuilles de l'Intérieur, des Affaires étrangères et des Finances. Les quatre ministres Verts seront en charge de l'Environnement, de la Justice, des Affaires sociales, de la Culture et du Sport.

 

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