Automatisé, première classe, vitesse de 100 km/h: visite du métro de Doha au Qatar

Automatisé, première classe, vitesse de 100 km/h: visite du métro de Doha au Qatar
4 images
Automatisé, première classe, vitesse de 100 km/h: visite du métro de Doha au Qatar - © GIUSEPPE CACACE - AFP

Le Qatar, le pays de la démesure, même au niveau du transport public. Il y a quelques semaines a été inaugurée une nouvelle portion du métro de la capitale Doha. Le réseau compte désormais trois lignes (rouge inaugurée en mai dernier, verte, or), s’étend sur 76 kilomètres et totalise 37 stations. Un maillage somme toute classique permettant notamment de relier l’aéroport au centre-ville. Mais les particularités du métro qatari sont ailleurs et tranchent, par exemple, avec notre quadragénaire métro bruxellois.

Tout d’abord, il est complètement automatisé. Doha n’est pas la seule ville au monde à proposer des rames sans conducteurs. Mais ici, il est question des dernières technologies et d’un modernisme assez poussé. Les rames communiquent par Wifi avec un centre opérationnel.

Ensuite, la vitesse. Alors que le métro bruxellois présente une vitesse commerciale d’un peu moins de 30 kilomètres par heure, son cousin moyen-oriental roule à 80 km/h et peut pousser des pointes à 100 km/h. Selon les Qataris, c’est le métro automatique le plus rapide du monde.

Pendant ce temps, à Bruxelles, la STIB semble ralentir son projet d'automatisation des rames

50 centimes le ticket

Le métro dohanais excelle par son confort en rapport avec son prix. Le billet classique coûte 50 centimes. Mais il existe également une première classe à 2,50 euros le ticket. A ce tarif, le voyageur peut s’installer dans un compartiment première classe avec des fauteuils plus larges. Mieux encore, le détenteur d’un billet première classe peut prendre place dans l’un des deux sièges situés à chaque extrémité de la rame. Vous prenez alors carrément la place du conducteur et avez l’impression de piloter vous-même l’engin. C’est ce qu’a pu notamment constater un journaliste du Parisien sur place. Le métro évolue principalement en aérien, ce qui permet d'apprécier encore plus le voyage. 

Ce n’est pas tout: le soin apporté à l’aspect des stations de métro a été poussé à l’extrême avec une architecture combinant modernisme, espace et touches orientalisantes. Un décor certainement aseptisé mais qui cadre avec les objectifs des autorités: sécurité, confort, propreté, efficacité. L’une des dernières sections du métro a été inaugurée à l’occasion du Mondial des clubs de football, disputé ce mois-ci. L’objectif est de présenter un métro totalement opérationnel et sans faille pour accueillir les millions des visiteurs étrangers pour la Coupe du Monde 2022.

Un partenariat avec la France

Le métro de Doha sera exploité par la société RKH Qitarat gérée à 51% par un groupe qatari et à 49% par les opérateurs français Keolis et RATP Dev. Un partenariat entre le Qatar et la France conclu en 2017 et signé par le président français Emmanuel Macron et l’émir Sheikh Tamim ben Hamad Al Thani. L’inauguration récente du plus récent tronçon s’est faite en présence du président de la SNCF (RATP), Guillaume Pepy. "Imaginez que le Grand Paris Express, qui est en train de se construire en région Île de France, imaginez qu’il soit fait en moins de 7 ans comme un réseau complet. Et bien c’est ce qui se passe en ce moment au Qatar, c’est un peu comme un film accéléré. C’est probablement un record mondial entre la décision de faire et la mise en service", a-t-il souligné.

Le matériel roulant, lui, a été acquis auprès des japonais Kinki Sharyo et Mitsubishi.

En vitesse de croisière, le métro doit transporter 650.000 passagers par jour.

D’ici à 2026, le métro de Doha doit en principe proposer une quatrième ligne et comptera alors 60 stations.

Les chantiers de construction des stades et des infrastructures qui doivent accueillir la Coupe du Monde 2022 font régulièrement l'objet de critiques en matière de conditions de travail des ouvriers. L'ONG Amnesty International parle d'ailleurs de "Coupe du Monde de la honte", malgré la mise en place par les autorités locales de mesures visant à améliorer les conditions de travail. "Les travailleurs sont toujours aussi vulnérables, sont victimes de travail forcé et de restrictions en matière de liberté de mouvement", souligne Amnesty.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK