Australie : un bilan entre impuissance et espoirs face aux incendies

On le surnomme "le monstre" car il est devenu incontrôlable et fait fuir les hommes. Ce monstre, c’est le feu qui ravage depuis plusieurs mois l’Australie. A Sydney, la pluie et une baisse des températures ont été accueillies avec un léger soulagement par la population et les pompiers. Ce mardi, sur La Première, François Vantomme, rédacteur en chef du Courrier australien est revenu sur l’ampleur des dégâts et le désarroi de la population australienne.

Une pluie providentielle, oui mais…

"Oui, c’était vraiment un plaisir d’enfin voir un peu d’humidité. Les pluies dans l’endroit du New South Wales et du Victoria, c’est une bonne nouvelle. Les pompiers en ont profité pour effectuer des opérations de confinement et de brûlage contrôlé", un soulagement de courte durée et seulement par endroits car, comme l’explique le journaliste, "par endroits, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle car certains feux vont donc s’éteindre, mais ils vont être éparpillés et donc peut-être potentiellement plus difficiles à contrôler".

Ces feux, qui durent depuis des mois ont déjà ravagé une surface grande comme deux fois la Belgique. 24 personnes ont perdu la vie, deux autres sont actuellement portées disparues. Des milliers d’animaux sont morts. Des dégâts considérables à plusieurs niveaux, explique François Vantomme, "je dirais qu’il y a 1700 maisons qui ont été détruites, 650 endommagées et on vient d’apprendre que plus de 9000 dossiers ont été introduits auprès des assurances pour un montant de plus de 700 millions de dommages. C’est énorme."


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Si le bilan est lourd, d’un autre côté, de nombreux dégâts ont pu être évités, notamment grâce à l’action continue des pompiers, rappelle le journaliste.

Une population impuissante

Face à cette catastrophe, il y a un fort sentiment d’impuissance, explique le rédacteur en chef de Courrier australien.

"On ne peut pas forcément aider sur le terrain. On a encore eu des images terribles aujourd’hui des funérailles d’un pompier volontaire avec une petite fille qui tenait le casque de pompier de son papa. On est très affecté moralement. Cependant, il y a des moments d’espoir aussi. On est heureux de se rendre compte aujourd’hui que le monde est conscient de la catastrophe qui se passe ici. On a enfin le sentiment que les choses se passent et bougent pour aider les organisations d’aide aux victimes, aux pompiers, etc. Ce qui n’était pas le cas les semaines précédentes."


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Le journaliste revient néanmoins sur les élans de solidarité de la population. Dans le sud-est du pays, de nombreux appels aux dons ont été suivis. "La solidarité, c’est dans l’ADN des Australiens", explique François Vantomme.

"Il y a comme un élan solidaire qui est important qui permet aussi beaucoup d’optimisme aujourd’hui. Il y a la Croix-Rouge qui fait énormément d’aide, il y a des dégâts matériels, mais il y a aussi des premiers soins psychologiques à donner aux victimes, du soutien aux bénévoles. Il faut aussi donner plus de matériel aux pompiers donc il y a énormément de choses à faire et d’ailleurs on souligne ici, en Australie qu’il vaut mieux faire des dons financiers car cet argent pourrait être attribué aux dons immédiats, aux besoins immédiats des victimes", énumère le journaliste.

L’attitude du gouvernement pointée du doigt

L’attitude du Premier ministre Scott Morrison a beaucoup de mal à passer auprès de la population, d’autant que ce dernier, maladroit, continue de soutenir l’industrie du charbon, il accumule les "boulettes" et s’obstine à ne pas reconnaître clairement l’impact du changement climatique sur cette catastrophe.

En effet, "il est parti en vacances à Hawaï. Ses déclarations ne sont pas toujours très appropriées. Récemment, on apprend qu’il n’a pas communiqué au chef de la police qu’il avait mis à disposition 3000 militaires de réserve, ce qui est aberrant. On se rend compte qu’il a fait un clip vidéo vantant ses mérites et ses actions hier ou avant-hier. Tout ça est parfois inapproprié. Ça agace beaucoup. Et puis, il y a toujours les déclarations du Premier ministre qui ne veut pas avouer pleinement que c’est en effet dû au changement climatique. Donc on attend évidemment beaucoup de choses concrètes là-dessus de la part du gouvernement. Mais le Premier ministre campe sur ses positions", détaille François Vantomme.

 

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