Aurélie Ponthieu (MSF) "Le sauvetage en mer n'est pas une solution mais nous n'avons pas d'autres solutions"

MSF est actif en mer Méditerranée, notamment via son bateau Aquarius
MSF est actif en mer Méditerranée, notamment via son bateau Aquarius - © CARLO HERMANN - AFP

Les organisations humanitaires venant en aide aux migrants et réfugiés en mer Méditerranée sont accusées de faciliter voire de collaborer avec les passeurs. La Justice italienne avait déjà attaqué les ONG frontalement, l'agence Frontex l’agence européenne de contrôle des frontières avait également exprimé toute sa réticence face au travail de sauvetage en mer et en Belgique, Theo Francken, secrétaire d'Etat à l'asile et à la migration, avait pointé du doigt le rôle de Médecins Sans Frontières avant de revenir sur ses propos.

Interviewée dans Au bout du Jour, Aurélie Ponthieu (MSF), conseillère en affaires humanitaires à MSF, regrette surtout une chose: "On reconnaît que le sauvetage en mer n'est pas une solution mais aujourd'hui nous n'avons pas d'autres solutions!"

Secoués par ces accusations, les travailleurs de MSF restent confiants, faute de preuves avancées par les accusateurs : "Ces accusations ont jeté un vent de suspicion sur nos activités mais nous restons très convaincus de ce que l'on fait. Nous sommes convaincus que ce que l'on fait est encadré légalement par le droit de la Mer, le droit des Réfugiés et aussi par nos principes humanitaires. On est confiant, on n'a pas encore vu la preuve de ces accusations."

Ce qui fait le jeu des passeurs, c'est la fermeture des frontières

Face aux critiques et aux accusations, Aurélie Ponthieu renvoie la balle vers les responsables politiques: "Ce qui fait le jeu des passeurs, c'est la fermeture des frontières, le fait que les personnes en besoin de fuite n'aient pas d'autres options que de faire appel aux réseaux criminels pour traverser ces frontières. On voit ces réseaux proliférer, ce sont des réseaux transnationaux qui opèrent à la fois sur le territoire européen et dans les Balkans, en Libye et dans d'autres pays en Afrique subsaharienne." 

Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, quelque 2000 personnes auraient perdu la vie en mer Méditerranée depuis le début de l'année. Pour Aurélie Ponthieu: "On est face à une tragédie qui continue de se détériorer, pour laquelle le sauvetage en mer n'est pas une solution. On est face à des personnes qui se noient en quelques secondes, qui meurent d'asphyxie, qui sont brûlées par le fioul des moteurs et qui sont en plus affaiblies par des conditions de détention ou de vie en Libye qui sont absolument insupportables."

Ecoutez l'interview d'Aurélie Ponthieu:

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