Aujourd'hui en Europe: un siège unique pour le Parlement européen

Les députés européens sont à Strasbourg 12 fois par an pour passer 3 jours et demi de session plénière.
Les députés européens sont à Strasbourg 12 fois par an pour passer 3 jours et demi de session plénière. - © Belga

Strasbourg, c'est officiellement le siège du Parlement européen. Les députés européens sont basés à Bruxelles mais 12 fois par an ils se rendent en France pour passer 3 jours et demi de session plénière afin de voter les textes. Mais certains eurodéputés souhaiteraient que Bruxelles deviennent l'unique siège afin d'éviter pollution et désagréments en tout genre.

Cette semaine Les députés européens étaient en session plénière à Strasbourg. Parce que Stasbourg, c'est officiellement le siège du Parlement européen. Strasbourg... sa cathédrale... ses maisons à colombage... son tram futuriste... et son Parlement européen.

Les députés viennent ici 12 fois par an pour passer 3 jours et demi de session plénière. C'est le moment clé de la procédure législative c’est à dire que c'est le moment où le Parlement va voter les lois.

Le reste du temps, les 754 députés européens les passent à Bruxelles où ils se réunissent en commissions, dans leurs groupes politiques ou encore lors de mini sessions plénières mais les navettes entre Bruxelles et Strasbourg énervent de plus en plus de députés.

Des déplacements controversés

Ces déplacements entre Bruxelles et Strasbourg coûtent cher, ils polluent (l'empreinte carbone de ces déplacements se chiffrerait à près de 19 000 tonnes de Co2) et c'est vrai que les députés ne se cachent plus pour le dire.

Il y a plusieurs mois, une large majorité d'entre eux votait une résolution pour demander que le Parlement n'ait plus qu'un lieu de travail. Un texte qu'a soutenu l'eurodéputée libérale Frédérique Ries :

"C’est à peu près 4.000 personnes qui transhument de cette façon, c’est-à-dire leurs députés, leurs assistants, les staffs des groupes, les politiques, le personnel du Parlement, alors ça fait plein de monde pour les hôtels de Strasbourg mais ça fait beaucoup de voyages, pas exactement justifiés, je pense".

Mais quelle est la valeur ajoutée de se retrouver à Strasbourg, est-ce un environnement plus calme ? Moins exposé aux pressions des lobbies ? : "Les lobbies nous suivent, bien évidemment qu’ils sont là ! Presque plus nombreux que nous. Ils savent bien qu’ici, ils nous ont vraiment et on est un petit peu captif vu qu’on est tous un petit peu déplacés, délocalisés", explique la députée belge.

"Au contraire, je pense que, les points négatifs à cet égard-là sont importants aussi parce qu’on est éloigné, la Commission se déplace mais c’est un commissaire à la fois, donc le gros de la Commission reste à Bruxelles. Donc ça veut dire que quand il y a des urgences, des urgences au Conseil, des urgences en termes d’actualité internationale, les choses se passent là-bas", précise-t-elle enfin.

Une étude a été menée auprès des eurodéputés

Selon une étude suisse publiée en 2011, ils seraient 91% des députés à penser plus ou moins comme elle. Et la dizaine de pourcent d'irréductibles sont plutôt à chercher du côté français...

Ce qui est étonnant c'est que leurs arguments sont parfois les mêmes. Constance le Grip en fait partie, elle est députée PPE française : "Je trouve qu’il est intéressant de manière générale pour les parlementaires européens de se retrouver une fois par mois à Strasbourg. Loin, je dirais du travail bruxellois, des lieux de travail des autres institutions européennes dans un cadre différent de celui où nous nous retrouvons pour nos travaux de Commission, nos travaux en groupes politiques, nos rencontres avec les lobbyistes, les professionnels divers et variés, etc."

Cette "parenthèse" strasbourgeoise lui semble importante : "On a l’impression que le temps de ces 4 jours et 4 nuits, Strasbourg est un peu à nous et qu’il y a vraiment un esprit, je dirais, un peu campus, séminaire, très concentré, qui est à mon avis, assez favorable au travail et à la conclusion d’accord".

Le débat est loin d'être terminé. Il va même s'intensifier à la rentrée puisque le sujet sera de nouveau à l'ordre du jour d'une session plénière. Cela dit, ce sont les États membres qui décident du siège des institutions et pour l'instant, on est encore à des années lumières d'un éventuel accord sur le sujet.

Vous reviendrez sur ce débat du siège unique du Parlement européen dans la semaine de l'Europe, dimanche matin à 8h30 sur La Première.

Olivier Hanrion

 

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