Aujourd'hui en Europe: sommet "express" entre fraude fiscale et coût de l'énergie

Sommet "express" à Bruxelles où aucune décision importante n'est attendue
Sommet "express" à Bruxelles où aucune décision importante n'est attendue - © Belga

L'actualité est au cœur du quartier européen de Bruxelles où le sommet se déroule au Juste Lipse en ce moment. Un sommet "express", puisqu'il ne dure que quelques heures, placé sous le signe de la lutte contre la fraude fiscale, actualité oblige. Mais aussi des prix de l’énergie qui ne cessent de plomber la compétitivité des entreprises européennes. Ces débats énergies sont moins médiatisés et pourtant d'une importance stratégique.

La lutte contre la fraude fiscale a beaucoup retenu l’attention des médias ces dernières années, à juste titre d’ailleurs. Récemment, l’affaire Cahuzac, ce ministre français du budget contraint à la démission parce qu’il avait un compte caché en Suisse pour éluder l’impôt. Ou encore la loi américaine FATCA, sur l’échange de données bancaires, loi qui pousse l’Union européenne à se positionner, à bouger en matière de transparence fiscale. Tout cela sera débattu aujourd’hui à la demande d’Herman Van Rompuy, ce qui réduit à peau de chagrin le débat sur l’énergie. Débat néanmoins important puisque le ciel européen est plombé par des prix de l’énergie qui s’envolent alors que le contraire se passe aux États-Unis par exemple.

Les États-Unis produisent leur propre gaz

Les prix du gaz sont quatre fois plus élevés en Europe qu’aux États-Unis et deux fois plus élevés pour l'électricité. Ce qui inquiète les dirigeants européens, c’est que les coûts de l’énergie handicapent les entreprises européennes. Elles sont moins compétitives alors qu’elles sont déjà en difficulté en raison de la crise. Cet écart des coûts de l'énergie s'explique par l'utilisation du gaz de schiste. Les États-Unis produisent désormais leur propre gaz. Ils l’extraient de leur sous-sol et le produisent donc en grande quantité, ce qui a fait chuter son prix.

En Europe, des études démontrent notamment qu’il y a un potentiel en gaz de schiste dans le sous-sol français ou polonais. Pas mal de pays y sont favorables : la Pologne, le Royaume-Uni, l’Espagne, la Roumanie, la Hongrie ou la Lituanie… Mais la France, par exemple, est très réticente à une telle exploitation du sous-sol par principe de précaution.

On comprend les réticences françaises : beaucoup de produits chimiques sont injectés dans le sous-sol dans le processus d’extraction du gaz de schiste et on ne connaît pas leur impact sur notre environnement. De petits tremblements de terre se sont produits lors de certaines extractions notamment au Royaume-Uni. Bref, il reste beaucoup de points d’interrogation qui freinent le développement de cette technique dans certains pays européens. "Certains pays" et non pas "en Europe" parce qu’il n’y a pas de politique européenne de l’énergie. Cela dit, l’envolée des prix de l’énergie associée aux avancées technologiques en matière d’extraction du gaz de schiste obligent les Européens à y réfléchir.

Un sommet de débats mais pas de décisions

Il n'y a pas de très grande ambition pour ce sommet, on ne s’attend pas à de grandes conclusions. Un diplomate européen parle d'"un sommet d’étape, un sommet de débats mais pas de décisions". Les 27 vont donc débattre de trois objectifs essentiels : comment garantir des prix abordables pour les consommateurs, comment réduire la facture des importations d’énergie et comment assurer une production continue.

Les pistes sur la table

Dans leurs conclusions, les 27 rappellent que chaque État détermine ses sources d’approvisionnement énergétique bien-sûr, mais que chacun doit informer ses partenaires quand ses décisions ont un impact sur le marché européen. Cela vise notamment la décision unilatérale allemande de sortir du nucléaire.

Les chefs d’États recadrent aussi le développement des énergies renouvelables. Ce développement se poursuivra mais en tenant compte du rapport coût/efficacité et de son intégration au marché européen de l’électricité. 20% de la consommation d’énergie européenne sera tirée du renouvelable, c’est un engagement européen. Mais les détracteurs des éoliennes et des panneaux photovoltaïques dénoncent une production intermittente et impossible à stocker.

Et puis, le gaz de schiste s’est imposé dans le débat, mais à ce propos, comme indiqué plus haut, les 27 laissent le débat ouvert.

Africa Gordillo

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