Aujourd'hui en Europe: libéralisation des services au sol des aéroports

L'idée c'est de libéraliser ce que l'on appelle les services au sol dans un aéroport. Toutes les compagnies aériennes y ont recours notamment pour le chargement et le déchargement des bagages ou encore pour la livraison de carburants.

Jusqu'à présent, la loi belge prévoit qu'il ne peut y avoir que deux entreprises de service au sol pour chaque aéroport. Seulement voilà, deux opérateurs pour un aéroport comme Zaventem qui voit passer 17 millions de passagers par an, ce n'est pas suffisant estime le Parlement européen.

Le texte de loi voté par les eurodéputés prévoit donc d'ouvrir le secteur à une troisième entreprise pour accroitre la concurrence sur le tarmac.
C'est aussi l'avis des compagnies aériennes représenté par Athar Husain Khan, secrétaire général de leur association européenne : "Si vous regardez le marché du transport aérien en Europe, les compagnies aériennes sont les seules qui ont été mises en concurrence. Le reste du marché est en grande partie fermé. Alors tout ce qui peut créer plus de concurrence chez nos fournisseurs de service au sol est bienvenu. Si vous regardez les aéroports concernés, ils ont tous des millions de passagers, des centaines de milliers d'avions qui décollent, nous pensons qu'au moins trois entreprises de manutention se justifient pleinement".

L'Europe donne dix ans aux aéroports pour s'ouvrir à la concurrence

La libéralisation du secteur irait donc plutôt dans le sens des compagnies aériennes. Sauf que le texte prévoit que seuls les aéroports où transitent plus de 15 millions de passagers seront concernés. C'est peu, disent les compagnies aériennes. Cela ne concerne finalement que 25 aéroports sur les 400 aéroports commerciaux en Europe.

Autre critique : l'Europe donne dix ans aux aéroports pour s'ouvrir à la concurrence. A Zaventem par exemple, il ne devrait pas y avoir de troisième opérateur avant 2014. Trop long pour être efficace disent les compagnies aériennes.

Mais ce qui reste vraiment en travers de la gorge des transporteurs aériens, ce sont les nouvelles dispositions sociales qui ont été introduites dans le texte par les députés.

Un débat qui s'annonce turbulent

Les députés ont prévu des mesures de protection des salariés. Par exemple en cas de changement de prestataire de service dans un aéroport, le personnel doit être transféré d'un prestataire à l'autre. Une procédure qui aura forcément un coût disent les compagnies aériennes qui craignent de devoir passer à la caisse.

Ce qui est paradoxal, c'est que les syndicats aussi sont assez remontés contre le texte. Kurt Kallaert est permanent CSC pour l'aéronautique. Il trouve que la concurrence fonctionne déjà très bien comme ça. Et un troisième opérateur serait très déstabilisant pour le secteur :  "à Bruxelles, on voit qu'il y a une concurrence énorme entre Aviapartner et Swissport pour le contrat de Brussels Airlines. Swissport a énormément diminué ses prix pour éviter que Brussels Airlines ne change de manutentionnaire pour Aviapartner . Jetairfly a récemment changé son contrat de Swissport pour aller chez Aviapartner, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de concurrence ici. Cette libéralisation ce n'est une bonne chose ni pour nous, ni pour les travailleurs, ni pour les passagers."

La proposition de changer les règles de la concurrence dans les aéroports est aujourd'hui sur la table des 27 ministres des transports de l'UE. La présidence irlandaise du Conseil aimerait boucler le dossier avant les vacances d'été. Mais entre les partisans d'une ouverture rapide et sans contrainte et ceux qui militent pour renforcer les protections sociales, il risque d'y avoir encore de grosses turbulences dans le débat.

Olivier Hanrion

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