Aujourd'hui en Europe: le discours de Barroso au Parlement européen échauffe certains députés

Aujourd'hui en Europe: le discours de Barroso au Parlement européen échauffe certains députés
Aujourd'hui en Europe: le discours de Barroso au Parlement européen échauffe certains députés - © Flickr-European People's Party - EPP

Le président de la Commission José Manuel Durão Barroso a prononcé un discours sur l'état de l'Union européenne ce mercredi devant le Parlement européen à Strasbourg. Ce discours, comme son nom l'indique, c'est une présentation de l'Union, de ce qui a été fait cette année et de ce que, selon la Commission, il reste à faire. Alors, comment va-t-elle l'Union européenne?

Eh bien, si l'on en croit le président de la Commission, l'Union va plutôt mieux que l'an dernier et que les années précédentes. Mais si l'on en croit une majorité de députés européens qui se sont exprimés, elle ne se porte pas mieux ou alors disons qu'elle se porte à peine un peu moins mal.

Euro-enthousiastes contre eurosceptiques

Une fois encore, c'est évidemment la crise économique qui a servi de toile de fond prioritaire au débat. La grande idée de José Manuel Barroso c'est que la crise n'est pas finie mais - dit-il - l'on voit des signes de reprise économique, les Européens ont pris des mesures de réforme qu'il y a cinq ans avant la crise on n'aurait pas cru imaginables et donc il faut maintenant insister sur l'espoir et la confiance. Et ce débat intervient à huit mois des élections européennes, le président de la Commission veut lui même essayer de lancer le thème de campagne : les euro-enthousiastes contre les eurosceptiques.

Pour Barroso, l'Europe a deux possibilités : "Celle d'insister sur le côté négatif, de continuer dans l'auto dépréciation et dans cet euro-pessimisme tellement destructeur. Cela peut être intellectuellement fascinant, mais ça n'apporte aucun espoir, aucune confiance aux citoyens. Ou alors nous pouvons, nous les décideurs européens, donner de l'espoir au gens et leur dire qu'il y a déjà des signes qui montrent que les choses sont déjà en train de s'améliorer".

"Vous ne regardez pas ce qui se passe dans les rues européennes"

Un discours pas forcément bien reçu par les différents groupes politiques. Sans surprise les socialistes ont bondi quand Barroso, le démocrate chrétien, a parlé de "reprise douce". "Vous ne regardez pas ce qui se passe dans les rues européennes" s'agace le chef de groupe socialiste Hannes Swoboda : "Dans votre pays, le Portugal, j'ai vu des parents sortir leurs enfants de la maternelle parce qu'ils ont honte de les y envoyer avec des vêtements de pauvre. C'est la réalité de l'Europe. Le verre n'est qu'à moitié plein, il est aussi à moitié vide. Il y a encore beaucoup à faire pour changer les politiques, y-compris celles de la Commission européenne".

Arrêtons de traiter d'eurosceptiques ceux qui critiquent

Du côté libéral, c'est le ton du discours qui agace un peu, "il faut du concret" s'étrangle Guy Verhofstadt. Et il lance des pistes pour faire bouger les choses : travaillons en procédure accélérée pour aboutir à un accord sur les frais de roaming avant les élections, travaillons en procédure accélérée pour avoir avant les élections une union bancaire plus solide, dit-il encore, et surtout, arrêtons de traiter d'eurosceptiques ceux qui critiquent : "D'une certaine manière, les eurosceptiques ont raison quand ils disent que cette crise a été mal gérée. C'est une critique qui s'adresse surtout aux chefs d'état et de gouvernement qui ont agi beaucoup trop tard et beaucoup trop peu dans leurs réformes. Et donc ce que nous devons aujourd'hui défendre, c'est une ligne pro-européenne, vers une Europe plus intégrée. Et je suis sûr que ce message peut être très populaire parce que, qui peut croire que nous allons battre les Chinois, les Indiens ou les Américains si l'on bat en retraite derrière nos frontières nationales".

Un avant goût de campagne électorale

Bref, on a un peu l'impression que chaque groupe défend ses thèmes habituels de campagne. On peut encore citer les Verts qui ont dénoncé ce qu'ils appellent "le pauvre bilan de José manuel Barroso en matière de climat et d'énergie", ou les eurosceptiques qui eux estiment que l’Europe va trop loin. La plupart des députés ont trouvé le président trop timide, notamment face aux états membres et notamment quand il s'agit de défendre un budget européen ambitieux. Tout cela a donné à ce débat un petit côté débat électoral avant l'heure comme le laisse entendre clairement le chef de groupe des démocrates chrétiens Joseph Daul : "Nous avons le devoir de dire la vérité à nos concitoyens! Chers amis, moi je suis pour une politique sociale et fiscale. J'ai mené une bagarre pour qu'il y ait une politique agricole, et nous avons la même politique dans toute l'Europe. Si nous avions fait la même chose au niveau du social et du fiscal, on ne serait pas dans cette situation. Voilà ce que nous devons dire à nos électeurs, voilà ce que nous devons défendre pour sauver l'Europe".

Le prochain discours de Barroso aura lieu en septembre prochain et la nouvelle Commission s'installera qu'en janvier 2015. Et puis si a priori le portugais achève son deuxième et dernier mandat, il se murmure de-ci de-là qu'il rêverait peut être d'un troisième mandat.

Anne Blanpain

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK