Aujourd'hui en Europe: le "crowdfunding" fait son chemin

Le "crowdfunding" s’impose aujourd’hui comme une vraie alternative aux autres modes de financement, et surtout il n’a pas de frontière.

On peut aussi tout financer grâce au "crowdfunding". Cela va de la pièce de théâtre à la création d’entreprise en passant par la microbrasserie. En Belgique, il y a même un musée du capitalisme qui est en train de se créer grâce au financement participatif.

Olivier Hauglustaine veut créer un mook, un produit à mi-chemin entre un magazine et un livre. Ça s’appellera 24h01.

En un mois, ses créateurs ont déjà récoltés 4000 euros sur les 7000 espérés: "C’est vrai qu’on aurait pu aller voir le banquier mais ce qui est très intéressant dans la démarche de "crowdfunding" c’est que c’est  une manière aussi de percevoir l’intérêt du grand public par rapport à un projet. Quelques part on fait une étude de marché en même temps qu’une récolte de fonds".

Le "crowdfunding" n’est plus réservé à quelques initiés

Il existe environ 800 plateformes de financement participatif sur Internet. En 2012, 3 milliards d’euros ont transité par ces sites.

Une somme considérable. À tel point que la Commission européenne commence à s’intéresser au phénomène. Cette semaine elle a d’ailleurs organisé la première grosse conférence à ce sujet.

Le commissaire européen pour le marché intérieur, Michel Barnier, y voit un nouveau modèle de croissance: "Moi je pense que ça fait partie de cette nouvelle croissance que nous devons construire, de ce nouveau modèle de croissance en Europe, plus diversifié, plus interconnecté, plus interactif. Ce modèle se développant on doit poser la question d’un cadre européen, à la fois pour encourager le 'crowdfunding' mais aussi limiter les risques".

Et des risques il y en a : imaginez que le site qui récole l’argent directement, sans le reverser. Ou tout simplement que des gens mal intentionnés présentent des faux projets pour arrondir leurs fins de mois.

Un problème auquel les créateurs de plateforme ont déjà pensé. Gregory Vincent du site britannique "Sponsume": "Nous avons quand même un processus de modération, c’est à dire que les projets ne sont pas automatiquement  publiés et mis en ligne. On vérifie notamment l’identité des créateurs des projets, la qualité de ces projets et si les récompenses et budgets demandés sont réalistes. Il y a donc un processus de modération qui limite les risques de façon assez considérable".

Une alternative aux banques et un antidote à la crise

La crise économique est sans doute un peu responsable du développement du "crowdfunding": les banques prêtent de moins en moins, donc on utilise le système D. Mais pour les plus optimistes, le "crowdfunding" pourrait aussi être une sorte d’antidote à la crise.

Paul Belleflamme, est professeur d’économie à l’université de Louvain la Neuve: "On peut dire que c’est marginal pour le moment mais, justement, l’idée c’est que ça le soit de moins en moins parce qu’il y a réellement un potentiel pour amener des fonds vers des projets novateurs. Des fonds que ces porteurs de projets n’obtiennent pas dans le milieu bancaire parce qu’on leur demande trop de garanties. Donc ils se tournent vers le public pour se financer. Permettre ce genre de financement peut permettre à plus de projets de voir les jours, de créer de l’emploi et de résoudre une partie des problèmes de crise auxquels on fait face pour le moment ".

Un outil résolument 2.0

En théorie c’est le cas, mais il n’en reste pas moins que pratiquer le "crowdfunding" n’est pas vraiment  à la portée de tout le monde. Et surtout pas de toutes les générations, c’est un outil résolument 2.0.

Alexandre Boucherot est fondateur de la plateforme française "Ulule": "C’est évidemment plus facile pour les personnes qui sont très connectées, qui sont déjà sur les réseaux sociaux. Mais on a aussi le contre-exemple de beaucoup de projets qui démarrent et, parce qu’ils présentent bien leurs projets et qu’ils sont généreux dans la façon de partager l’aventure avec les internautes, réussissent à collecter des sommes parfois très importantes".

Bref, le "crowdfunding" c’est surtout un outil de demain. Et à en croire les responsables des principales plateformes on en est qu’à la préhistoire. Le concept pourrait devenir un véritable modèle de financement.  

Barbara Schaal

 

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