Aujourd'hui en Europe: la numérisation du patrimoine cinématographique

La numérisation, ce n'est pas uniquement un changement de support, il s'agit aussi de redonner une seconde vie aux films en les restaurant numériquement. Le travail a bien sûr déjà commencé mais la charge est immense et le temps presse. Les vieilles bobines vieillissent mal et pour certains films, il est déjà trop tard.

Des projets cofinancés par l'Europe

Cette numérisation des films sur vieux supports rentre dans le cadre de la protection du patrimoine et est cofinancée par l'Union européenne. Qu'il s'agisse d'archives audiovisuelles ou non d'ailleurs. Le Conseil et la Commission européenne se sont déjà penchés sur cette question à plusieurs reprises, mais il est vrai que dans ce contexte de crise économique, la numérisation n'est pas la priorité.

A la Cinematek de Bruxelles, l'entreprise de numérisation est en cours mais cela prend du temps. Il faut d'abord nettoyer les vieilles bobines et en enlever la poussière et la graisse. Après les restaurations physiques de la pellicule, on numérise les films et grâce à des programmes informatiques, on gomme les rayures, les restes de poussières, etc. Un travail de longue haleine mené par une poignée de personnes.

Un chantier énorme

Avant de pouvoir les numériser, les films sont conservés dans les dépôts de la Cinematek. Pour les conserver dans les meilleures conditions possibles, il faut maintenir une température et un taux d'humidité bien précis.

Le chantier est énorme. En un an, la Cinematek numérise et restaure entre dix et douze longs métrages. Mais dans ses dépôts, ce sont des dizaines de milliers de films sur support en nitrate, acétate ou polyester qui attendent d'être traités. En tout, 70 000 titres et 140 000 copies. Un énorme chantier donc mais aussi une course contre la montre. Des films qui ont été conservés dans de très mauvaises conditions ne sont déjà plus exploitables.

Cette entrée dans l’ère numérique est plus que nécessaire mais ça prend du temps et ça coûte beaucoup d’argent… Tout ne sera pas numérisé. Pour Nicola Mazzanti (conservateur de la Cinematek), il faut que les autorités prennent conscience que la perte de ce patrimoine serait ni plus ni moins qu'une perte d'une partie de notre histoire.

Aline Wavreille

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