Aujourd'hui en Europe: la Commission surveille les inondations qui frappent l'Europe centrale

Vue aérienne de la ville de Goehlis, sous eau, dans l'est de l'Allemagne
Vue aérienne de la ville de Goehlis, sous eau, dans l'est de l'Allemagne - © Belga

L'Europe centrale est sous les eaux. On dénombre au moins une dizaine de morts et des milliers de foyers ont été évacués en Allemagne, en Autriche et en République tchèque. D'autres pays européens sont touchés mais un centre de crise européen surveille la situation de près.

Le Danube est sorti de son lit, des inondations frappent une grande partie de l'Europe et la situation s'étend à d'autres pays. La Hongrie a déclaré l'état d'urgence. La Roumanie et la Bulgarie s'inquiètent. Les inondations ne connaissent pas de frontières, on peut alors se demander si dans ce genre de situation, l'Union européenne n'est pas en mesure d'intervenir.

C'est le cas, mais l'Europe n'intervient qu'en deuxième ligne. La protection civile est une compétence des États membres, l'Europe n'est là que pour coordonner les informations disponibles ou l'assistance aux pays qui en font la demande. Cette surveillance 24h/24 de la situation se passe dans le centre de réaction rapide de la Commission.

Depuis ce weekend des spécialistes de la sécurité civile sont sur le qui-vive. Prêts à envoyer sur place du matériel ou du personnel pour prêter main forte aux services de secours.

Un centre de crise installé à Bruxelles

Ces spécialistes sont réunis dans une grande salle de contrôle, très calme. Plusieurs écrans sont affichés sur les murs et les chaines d'information tournent en continue.

Il y a aussi une immense carte météo de l'Europe centrale qui permet de surveiller la situation en temps réel. Dans cette salle, une demi-douzaine de personnes qui scrutent ces écrans. La plupart ne sont pas fonctionnaires. Ce sont des experts en sécurité civile qui ont été détachés par les pays de l'Union.

Il y a par exemple Junut Romag, un pompier roumain détaché par son gouvernement. Il nous explique en quoi consiste son travail : "Nos collègues suivent en permanence la situation et ses évolutions. Mais le plus important c’est qu’ils sont en contact avec les autorités des pays qui sont affectés. Ils reçoivent des mises à jour de la situation et nous, nous essayons de les mettre en rapport avec nos outils de suivi".

Une fois ces analyses complétées : "Nous les partageons avec les États membres et, avec eux, on analyse la situation pour prendre les décisions les plus efficaces", ajoute le pompier roumain.

Pas encore de crise nécessitant l’envoi de matériel ou de personnel par l’Europe

Ce centre de réaction d'urgence a donc un rôle de coordination, c'est donc lui qui va gérer l'envoi de matériel ou de personnel pour faire face à la crise... mais pour cela, il faut que les pays concernés en fassent la demande.

Mais à ce jour, ni l'Allemagne, ni l'Autriche, ni la République tchèque n'a encore fait appel à la solidarité des Européens. Ce qui fait dire à notre expert roumain que, pour l'instant, ces inondations ne sont pas une situation de crise : "Ce n’est pas une situation de crise mais plutôt une situation de suivi, un monitoring. La situation est compliquée en Europe centrale mais elle est très bien gérée par les autorités nationales et pour le moment il n’y a pas de requête d’assistance".

Pas encore de requête mais une situation qui pourrait évoluer

La crue du Danube va toucher la Hongrie mais le pays est bien préparé pour y faire face. La Roumanie ou la Bulgarie sont peut-être moins armées pour lutter contre les inondations. Et on peut imaginer, par exemple, que ces pays aient besoin de grosses pompes pour évacuer l'eau.

Leur demande transitera alors par le centre de réaction de Bruxelles. Les pays qui disposent de ce matériel pourront l'envoyer sur place à leur frais, avec le personnel nécessaire. L'Europe remboursera une partie seulement des frais de transport.

Cette solidarité fonctionne aussi l'été pour lutter contre les feux de forêts qui ravagent régulièrement les forêts du sud de l'Europe.


Olivier Hanrion

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