Aujourd'hui en Europe: élections européennes 2014, mode d'emploi

Les prochaines élections européennes sont avancées à mai 2014 afin de laisser plus de temps pour la nomination du président de la Commission
Les prochaines élections européennes sont avancées à mai 2014 afin de laisser plus de temps pour la nomination du président de la Commission - © Belga

Les élections européennes se dérouleront dans un an quasiment jour pour jour. Des élections qui en Belgique seront couplées aux élections fédérales et régionales. Le Parlement européen a obtenu gain de cause sur la date de ces élections qui se tiendront en mai 2014 et non en juin comme initialement prévu.

D'abord les élections européennes étaient prévues entre le 5 et le 8 juin, long week-end de Pentecôte dans certains pays. Pas de quoi inciter les Européens à aller voter. On se souvient qu'en 2009, moins d'un électeur européen sur deux était allé voter. Pour les États membres, pas la peine d'imaginer que les électeurs annuleront leur long week-end pour se rendre aux urnes.

Les députés ont donc depuis plusieurs mois mené un lobbying intensif pour que ce scrutin soit avancé. Tout le monde est d'accord : États, Commission et forcément députés. Les élections européennes auront lieu entre les 22 et 25 mai 2014. En Belgique ce sera le 25 mai. Et les élections belges, régionales et fédérales, sont donc avancées à cette date.

Un changement politique pour les députés

Les députés veulent davantage de temps pour la nomination du président de la Commission, qui doit normalement avoir lieu en juillet. Le traité de Lisbonne stipule que les États membres doivent proposer un candidat à la présidence de la Commission en se basant sur le résultat des élections. En clair, le candidat doit venir du plus grand groupe politique du Parlement.

Cela suppose évidemment que le Parlement soit déjà organisé en juillet. Si vous avez les élections en juin, la première session parlementaire sert à organiser le nouveau parlement, les groupes se forment et certains se défont. Il faut aussi élire le président du Parlement européen. Les députés estiment qu'ils n'auront pas assez de temps pour étudier la nomination du nouveau président de la Commission. En votant en mai, ils auraient deux sessions plénières et des réunions de commissions pour étudier cela de plus près.

Députés et Commission veulent une nomination plus politique

Jusqu'à présent, le Conseil proposait un nom qui, généralement, ne recueillait que difficilement l'unanimité des membres. Une partie des députés n'avait aucune envie de remettre en cause le choix de leur gouvernement. Alors, le Parlement grognait et s'agitait, parfois repoussait la nomination mais finissait toujours pas approuver le nom soufflait par le Conseil. Pour la Commission, on pourrait imaginer cette fois-ci que les partis politiques européens et nationaux politisent un peu cette nomination. La Commission propose ainsi que pendant la campagne électorale, chaque groupe politique européen désigne son candidat à la présidence.

Et chaque parti annoncerait son soutien à un candidat

Les démocrates chrétiens annonceraient qu'il soutiennent untel, les socialistes feraient la même chose etc. L'idée est aussi que les partis nationaux expliquent de qui ils se sentent le plus proches. En Belgique, c'est simple : les libéraux siègent dans le groupe libéral et démocrate, les socialistes avec le groupe socialiste et progressiste, les écolos avec les verts, le CDh avec les démocrates chrétiens du parti populaire européen. Mais ce que la Commission et les députés voudraient, c'est que la campagne porte davantage sur "quelle Union voulons nous, et qui pourrait incarner selon nous cette Union"? Cela supposerait aussi que les candidats au poste de président de la Commission fassent eux aussi campagne et pas que dans leur pays évidemment.

Une façon de personnaliser la tête des institutions européennes

Il faut évidemment que les candidats jouent le jeu et se déplacent dans l'Union pour parler de leur vision de l'Europe. Il faut aussi que les États membres jouent le jeu et n'aillent pas forcément chercher un autre candidat que celui qui a été présenté par le plus grand groupe du Parlement européen. Mais effectivement, ce président incarnerait davantage les institutions européennes. Il faut dire qu'avant d'arriver à la tête de la Commission européenne, peu de gens avaient déjà entendu le son de la voix de José Manuel Durão Barroso.

Anne Blanpain

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