Aujourd'hui en Europe: des relation tendues entre la France et la Commission européenne

Ce tollé gigantesque a obligé la Commission à réagir et à expliquer que ce n'était pas la France qui était traitée de réactionnaire mais certains artistes qui eux-mêmes avaient usé de mots très durs contre Barroso, l'accusant d'être malhonnête, grossier et méprisant.

Une querelle qui a déchaîné même les plus placides, le quotidien "Le Monde" dans son édito ce matin évoque un José Manuel Barroso caméléon, ni loyal ni respectueux. Les eurodéputés français eux s'en donnent à cœur joie "Je suis pour le plafonnement des bonus bancaires", "Je suis pour la taxe sur les transactions financières", "Je suis pour le soutien à l'emploi des jeunes", le tout accompagné du mot clé "Je suis réactionnaire".

La Commission européenne a du réagir

Ce n'est pas banal, mais le commissaire français Michel Barnier a expliqué qu'il ne trouvait pas réactionnaire de défendre l'exception culturelle, il évoque même un combat d'avenir.

C’est un signe des relations difficiles entre la France et la Commission. Mais c’est plus généralement la France qui a ces dernières années un souci avec l'Union européenne incarnée par "Bruxelles", comme on dit à Paris.

Ce qui est comique finalement c'est que du temps de Nicolas Sarkozy elles l'étaient déjà, on se souvient notamment de la commissaire Reding qui avait mis en cause très violemment les expulsions de Roms décidées par la France. Lors d'un sommet, les couloirs avaient d'ailleurs résonné de la solide bagarre entre Nicolas Sarkozy et José Barroso.

Nicolas Sarkozy ne cachait pas que selon lui, la crise de la zone euro devait être réglée par les États membres avec des décisions et des moyens de contrôles au sein de ces États.

Une position très intergouvernementale donc qui tranchait avec la position plus communautaire mise en avant par d'autres pays comme la Belgique par exemple mais aussi l’Allemagne, qui craint toujours qu'on lui colle l'étiquette d'une Allemagne toute puissante.

Certains pensaient que François Hollande allait rompre avec cette attitude

Les partenaires européens espéraient un peu, un président français moins intergouvernemental qui ne considère plus l'Union comme un club de copains, où les plus grands et les plus grandes gueules décident pour les autres.

La France n'a jamais aimé cette idée qu'elle pouvait n'être qu'une partie de la décision, et surtout que dans un système où les décisions se prennent souvent à la majorité qualifiée, la France pouvait être mise en minorité et donc se voir appliquer des décisions qu'elle avait jusque-là combattues.

François Hollande semble partagé, il y a 15 jours, il envoyait sèchement balader la Commission qui demandait à la France des réformes supplémentaires mais le lendemain, avec l’Allemagne, la France annonçait sa volonté de discuter d'une zone euro plus démocratique, avec une plus grande implication du Parlement européen et sans doute une refonte de la Commission européenne

Le couple franco-allemand reprend du poil de la bête

Officiellement tout allait bien entre François Hollande et Angela Merkel mais durant cette première année, on n'a pas vu grand-chose, pas vu par exemple de contribution commune avant les sommets.

Ces contributions franco-allemandes agacent les autres pays mais tous savent que si ces deux pays-là, si différents, ont trouvé un point d'accord, alors ce point d'accord pourra servir de base à l'accord final à 27.

Mais cette année, rien de rien donc l’annonce récente d'idées communes a rendu un peu d'espoir parmi les autres pays et dans les institutions européennes

Des idées qu'il faudra concrétiser

Ces annonces doivent donc se nourrir de faits mais ce sera long parce qu’il est difficile à accepter de discuter de certains dossiers avec ses partenaires. Que ce soit les réformes fiscales, le marché du travail ou la réforme des retraites, c'est aussi évidemment difficile à avaler mais aussi à expliquer aux citoyens.

Surtout lorsque lors d'une interview le président de la Commission donne le bâton pour faire battre la Commission, ce qui permet à certains élus français d'en rajouter dans le dénigrement total de l’institution incarnée par Barroso.

Anne Blanpain

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