Augmentation des fraudes à l'étiquetage sur la viande, faute de contrôles

Le contenu de nos assiettes est décidément bien mystérieux. Cette semaine, Oceana, une ONG de protection des océans révélait qu'un poisson sur trois, servis dans les restaurants bruxellois, ne correspondait pas à l'espèce commandée. Mais il n'y a pas que le poisson qui est concerné. La viande aussi. Et cette fois, c'est le BEUC, le Bureau européen des Unions de Consommateurs qui tire la sonnette d'alarme.

Plusieurs associations de protection des consommateurs ont réalisé des tests chacune dans leur pays. Le résultat est sans appel : on ne peut pas se fier aux étiquettes des produits alimentaires. On connaissait les lasagnes au cheval, et maintenant, on peut aussi parler des brochettes de veau au poulet, ou des rôtis de viandes artificiellement gonflés à l'eau sans que cela n'apparaisse sur l'étiquetage. Des pratiques que l'on rencontre en Belgique mais aussi dans les six autres pays européens qui ont participé à cette enquête.

Des entreprises qui profitent des lacunes du système

Alors, les règles européennes en matière d’étiquetage sont-elles désuètes ? Pour Monique Goyens, directrice générale du BEUC, ce ne sont pas les règles existantes qui sont à mettre en cause mais plutôt le manque de contrôle : "Les règles européennes ne sont pas du tout obsolètes, elles sont tout à fait bonnes. Le problème, c'est qu'elles ne sont pas respectées. Il n'y a pas suffisamment de contrôles et les entreprises profitent de ces lacunes pour induire le consommateur en erreur".

Monique Goyens évoque deux types de tricheries : "Il y a des indications qui sont trompeuses et illégales. Celles-là, il faudrait immédiatement les sanctionner. Mais il y a aussi l'utilisation par les entreprises de certaines lacunes du système. Ces entreprises profitent de certaines définitions qui ne sont pas suffisamment claires pour induire le consommateur en erreur. En Belgique par exemple, le 'filet américain' est une dénomination contrôlée. Certaines entreprises n'utilisent donc pas ces termes mais vont utiliser par exemple 'américain du chef' où l'on peut même trouver de la viande de porc".

Diminution des contrôles depuis la crise financière

L'étude qui a été menée, notamment au Portugal, a aussi révélé que la plupart des échantillons de viande contrôlés contenaient des sulfites qui sont pourtant interdits par la législation européenne dans certains types de viande en tout cas. Pour Monique Goyens, ce n'est qu'en renforçant les contrôles que la situation pourrait changer : "C'est le talon d'Achille de tout le système, il n'y a pas suffisamment de contrôles. Les entreprises ont vraiment trop de liberté pour tricher".

Cependant, comme le souligne encore la directrice du BEUC, l'Europe reste une place assez sûre en termes de sécurité alimentaire même si les contrôles ont largement diminué : "Il est vrai que depuis la crise financière, il y a une réduction des ressources financières à la disposition des autorités de contrôles. Il y a moins de contrôles qu'auparavant et donc plus de place pour les tricheries. Et cela ne renforce pas la confiance du consommateur alors qu'elle est bien nécessaire". 

Le BEUC recommande aux consommateurs de continuer à lire les étiquettes et de signaler directement aux entreprises ou aux supermarchés si ils estiment avoir été floués sur la composition réelle d'un produit alimentaire. 

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