Népal: plus de 5000 morts, B-FAST a atterri à Katmandou

Bhaktapur, à la périphérie de Katmandou
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Bhaktapur, à la périphérie de Katmandou - © PRAKASH MATHEMA - BELGAIMAGE

Selon l'ONU, 8 millions de Népalais sont affectés par le séisme de samedi, le plus violent qu'ait connu le pays depuis 1934. Le bilan ne cesse de s'alourdir. On parle à présent de 5057 morts, selon les autorités, et de plus de 10 000 blessés. Pour le Premier ministre népalais, le bilan pourrait même atteindre 10 000 morts. Les équipes de secours internationales ont du mal à arriver à Katmandou, dont l'aéroport est saturé. B-Fast qui était bloquée depuis lundi à New-Delhi en Inde, a pu atterrir à Katmandou ce mardi après-midi. De son côté, l'ONU débloque 15 millions de dollars pour financer l'aide au Népal.

Le Premier ministre népalais s'est exprimé mardi matin, une déclaration choc. Selon lui, le bilan du séisme pourrait atteindre 10 000 morts. Officiellement, le séisme a provoqué la mort de 5057 personnes, selon un nouveau bilan communiqué ce mardi après-midi par le ministère de l'Intérieur.

La catastrophe a également fait plus de 10 000 blessées, a précisé le responsable de la gestion des catastrophes du ministère, Rameshwor Dangal. Mais de nombreux endroits n'ont pas encore été fouillés par les sauveteurs.

A Katmandou, les habitants ont passé une troisième nuit dehors, alors que l'eau, la nourriture et l'électricité manquent ; et que des victimes, encore vivantes, se trouvent peut-être encore sous les décombres.

La situation est sans doute pire dans les villages reculés. Leur accès est difficile à cause des glissements de terrain.

Les zones les plus touchées dans le district de Gorkha sont aussi les plus inaccessibles. Des villages à flanc de montagne, où les destructions sont importantes, nous sommes ici à l'épicentre du séisme :

Enfin, sur les pentes de l'Himalaya, presque tous les alpinistes qui se trouvaient sur le mont Everest au moment de l'avalanche, causée par le violent séisme, se trouvent à nouveau dans la vallée. Quelque 205 d'entre eux ont ainsi déjà été évacués, indique un porte-parole de la police locale.

Dix-sept personnes ont en revanche perdu la vie dans le camp de base, selon la même source tandis que d'autres font état de 20 à 22 morts. Plus de 100 personnes se trouvaient par ailleurs sur la voie d'escalade quand les éléments se sont abattus sur eux.

Au moment de l'avalanche, près de 1000 personnes séjournaient au camp de base mais presque toutes les équipes l'avaient quitté ou étaient sur le point de le faire.

Des survivants livrés à eux-mêmes

A Katmandou, comme dans les villages les plus reculés, on attend les secours. Une aide difficile à mettre en place. Le petit aéroport de la capitale ne peut tout digérer. Impossible d'être partout.

En attendant, des habitants tentent à la pioche de dégager des proches des gravats. Quelques secours sont là. Pour tous les sauveteurs, le temps presse, après 72 heures les chances de retrouver des survivants s'amenuisent.

Les blessés sont soignés dans la rue ou dans des hôpitaux débordés. Et cela malgré une énorme solidarité de la population, des touristes et des secours internationaux.

"Quand le tremblement de terre a eu lieu, j'étais à l'hôpital pour une appendicite. Les blessés sont arrivés et les médecins nous ont ignoré pour s'occuper des blessés", témoigne une femme.

La majorité des rescapés a trouvé refuge dans des campements de fortune. Mais ils manquent d'eau et de nourriture, alors la colère gronde. Dans le centre de Katmandou, une manifestation s'est tenue lundi.

Les habitants s'impatientent. Ils reprochent au gouvernement de ne pas agir assez vite. Un gouvernement qui répond : le pays ne pouvait répondre à une catastrophe d'une telle ampleur.

Des habitants qui craignent aussi des épidémies. C'est pourquoi les autorités ont demandé des crémations rapides. Les multiples bûchers montrent l'immensité du désastre.

La mission de B-Fast a enfin atterri à Katmandou

L'acheminement n'est pas simple, cette aide arrive au compte-goutte, l'aéroport de Katmandou assez vieux n'arrive pas à accueillir tous les avions, les autorités semblent également débordées face à l'ampleur de la tâche.

Mardi en début d'après-midi, la compagnie aérienne portugaise à laquelle la Défense loue l'avion a donné la permission aux pilotes d'atterrir de nuit à Katmandou, exceptionnel, vu la piste d'atterrissage entourée de sommets montagneux à Katmandou, la compagnie ne désirait pas laisser les pilotes engager la manœuvre après le coucher du soleil.

Finalement, l'avion a pu atterrir à Katmandou.

Une équipe de MSF Belgique avait déjà réussi à arriver à Katmandou avant B-Fast. Elle dispose de 1200 kilos de matériel (dont du matériel chirurgical pour opérer de manière autonome au moins trois jours). Son objectif : se rendre dans la région de Gorkha "où les besoins semblent considérables selon plusieurs sources et où de nombreux villages sont isolés et difficiles d’accès".

Des secouristes français ont aussi eu plus de chance. Ils sont déjà sur place. Des pompiers de Villeneuve d'Asc qui ont pour mission de retrouver des survivants sous les décombres, dans le centre historique de Katmandou. Alice Serrano a suivi ses secouristes :

La Belgique est à la recherche de 27 compatriotes

Il y aurait finalement eu 205 ressortissants belges présents au Népal lors du séisme, et 27 d'entre eux manquaient toujours à l'appel mardi après-midi, selon les Affaires étrangères.

Les personnes ayant des informations ou se posant des questions sur les Belges au Népal peuvent dès à présent contacter les Affaires étrangères au 02/501.40.00 et au 02/501.40.01.

L'ONU débloque 15 millions de dollars

Le Fonds central pour les interventions d'urgence (CERF) de l'ONU a octroyé mardi 15 millions de dollars (13,7 millions d'euros) pour financer l'aide humanitaire au Népal.

"C'est une course contre la montre" alors que le nombre final de victimes reste encore inconnu, a déclaré un porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires (Ocha) des Nations unies, Jens Laerke, lors d'un point de presse à Genève.

Un appel de fonds de l'ONU doit être lancé dans les prochains jours. En attendant, le Fonds d'opération d'urgence de l'ONU a débloqué un premier montant de 15 millions de dollars.

Un consortium pour la récolte de fonds en Belgique

Pour venir en aide, aux victimes du tremblement de terre du Népal, le Consortium 12-12 fait appel à la générosité de chacun.

Les dons peuvent être versés sur le compte BE19 0000 0000 1212, avec la communication "SOS Népal".

MSF signale de son côté qu'elle ne fait pas partie du Consortium 12-12.

Par ailleurs, Facebook a aussi lancé un appel aux dons et proposé d'offrir jusqu'à 2 millions dollars pour compléter les contributions qu'auront apportées les internautes.

RTBF

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