Au Maroc, un boycott secoue le pays pour lutter contre la vie chère

Depuis plus d’un mois, l’eau minérale Sidi Ali, le lait Centrale Danone et les stations essence Afriquia sont boycottés par les Marocains pour leurs prix jugés excessifs. Une mobilisation issue des réseaux sociaux, qui a pris une ampleur importante.

Un boycott inédit

Des centaines de salariés de la filiale marocaine de Danone ont manifesté devant le Parlement du Maroc. La raison ? Ils craignent de perdre leurs emplois alors que les produits Danone font face à une campagne de boycott inédite dans le pays. "Le gouvernement est responsable et ce n’est pas aux employés de la centrale laitière de payer", scande un manifestant. De leur côté, les commerçants demandent une diminution des prix. "Les gens vivent une réelle crise, pas uniquement dans le secteur alimentaire mais dans tout le reste", regrette Zouhir Cherkaoui, commerçant.

La population mobilisée cherche par là à fustiger les élites politiques et économiques du pays, bien souvent liées à ces grands groupes. Parmi elles, Aziz Akhannouch, propriétaire de la société de distribution de carburant Afriquia, également ministre de l'Agriculture et milliardaire. Le boycott relance en effet un vieux débat au Maroc sur la collusion entre les affaires et la politique.

Depuis deux ans, les conflits sociaux se multiplient et le boycott est une nouvelle forme de contestation. Celui qui dure depuis le 20 avril dernier a rapidement pris de l’ampleur et le gouvernement met en garde contre ses effets négatifs sur l’emploi et l’économie. Le ministre Lahcen Daoudi a fait part de son soutien aux salariés se Centrale Danone a fait polémique, avant de présenter sa démission quelques heures plus tard.

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